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James Ellroy, premiers romans

James Ellroy débarque dans le roman noir, dans le roman tout court, en 1981. Son premier bouquin s’intitule Brown’s requiem de ce côté-ci de l’Atlantique comme de l’autre.

Brown's Requiem (1981)L’écrivain débutant qu’est alors James Ellroy commet un roman policier aux allures classiques. Un privé prend la parole, la plume, et nous raconte son quotidien. Un privé spécialisé dans la récupération de voitures aux traites impayées. Un privé qui en a bavé, qui lutte contre certains penchants, l’alcool, la drogue. Un privé ancien flic, comme il se doit, flic viré pour une affaire qui lui reste en travers de la gorge. Désabusé, donc, Fritz Brown arpente les rues de Los Angeles en écoutant Beethoven ou Brahms. Le décor est planté. Le style est direct.

L’histoire débute dans la routine quotidienne de Brown, routine qui sera bientôt chamboulée. Chamboulée par une affaire qu’il accepte parce qu’elle paraît simple. Surveiller la sœur de son client et voir ce qu’elle fricote avec un homme bien plus âgé qu’elle, voir et comprendre. Cette affaire va réveiller de vieux souvenirs et s’avérer être, peut-être, le moyen pour Brown de gommer un passé dont il ne peut se défaire, un passé qui le hante, qu’il ressasse, sans réussir à l’oublier. A oublier ses ressentiments.

Nous sommes dans une histoire classique. Une enquête menée par un dur à cuire, un blasé, une enquête qui va se révéler sordide. Les personnages sont à l’avenant, détruits, destructeurs… Et Brown va devoir accepter d’aller très loin, beaucoup plus loin que ce que le petit confort dans lequel il s’est installé devrait lui permettre d’accepter.

Nous arpentons les rues de Los Angeles sur une bande-son classique, à la suite d’un homme hanté par des démons, en découvrant d’autres dont le moindre n’est pas le souvenir d’une affaire de la fin des années quarante, une femme coupée en deux et retrouvée dans un terrain vague, une certaine Elizabeth Short. Nous arpentons les rues de Los Angeles, ses fairways et ses greens… A la suite d’un homme qui, pour atteindre la rédemption, devra s’enfoncer profondément. Du côté des incendiaires, des obsédés sexuels et des femmes perdues.

Un an plus tard, Ellroy commet son deuxième roman, Clandestin (Clandestine dans la langue de Shakespeare).

Un deuxième roman qui nous ramène en Californie, à Los Angeles. Après les années soixante-dix, nous arpentons la ville dans les années cinquante.

Nous arpentons la ville à la suite d’un flic, Fred Underhill. Un flic plein d’ambition, motivé mais qui va se casser les dentsClandestin (Clandestine, 1982) sur une affaire. Underhill nous raconte son histoire à la première personne… Nous le suivons de près, quand son partenaire se fait tuer, quand il décide d’aller jusqu’au bout pour résoudre une affaire qui le touche. Une enquête sur des femmes étranglées qui le fera basculer, qu’il menera clandestinement et qu’il ne pourra pas résoudre avant qu’une nouvelle victime tombe quelques années plus tard. Underhill s’aventure loin, côtoie des flics pas toujours reluisants, parmi eux, un certain Dudley Smith. Underhill va tempérer ses ambitions, se fracasser à une réalité dont il se pensait immunisé… Pas si simple. Pas si simple quand on croise un ado de douze ans devenu orphelin après le meurtre de sa mère, quand on croise d’autres femmes étranglées, quand on finit par redouter pour la sienne…

Ellroy nous offre, pour ce deuxième roman le portrait d’un homme qui dégringole, qui se relève, qui chute encore et qui en arrive à chercher une certaine rédemption. Un livre comme un écho au premier, avec ses golfs, ses femmes, ses trafics. Dans un Los Angeles encore marqué par le meurtre irrésolu d’une femme quelques années plus tôt, une femme coupée en deux…

Le style est direct, pas encore à la mitraillette, mais déjà reconnaissable. Les personnages sont fouillés, auscultés jusqu’au plus profond de leur âme.

En deux romans, Ellroy s’est créé un univers, a couché sur le papier quelques unes de ses obsessions. Il s’est livré, s’est exposé, sans que l’on sache jusqu’à quel point… Une démarche qui touche, qui fait mouche, qui bouscule.

En deux romans, il a rendu hommage à une ville et décrit la noirceur d’une société…

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5 réflexions sur “James Ellroy, premiers romans

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