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DOA, série noire

En 2007 et 2009, D.O.A. publie deux romans intimement liés. Après le fantastique résolument noir, on plonge jusqu’au cou dans le roman noir.

Pour son arrivée chez Gallimard, à la “Série Noire”, le romancier publie un ouvrage ambitieux et foisonnant, Citoyens clandestins. Un roman qui offre un point de vue sur le terrorisme. Un roman très documenté mais pas un témoignage, il reste avant tout du côté de la fiction. Du côté d’une envie de l’auteur de conter une histoire. Avec des personnages riches et Citoyens clandestins (Gallimard, 2007)nombreux. Des personnages qui nous rappellent que DOA excelle dans la description des méandres de la conscience, de l’esprit.

Un produit toxique est volé lors de son passage à une frontière sensible. Un infiltré s’intéresse à un réseau lié au jihad. Une jeune journaliste va être confrontée à la dure réalité de son métier, attirée irrémédiablement au point d’être prête à s’y consacrer totalement, à tout lui sacrifier. Un personnage mystérieux, le Lynx, opère dans l’ombre, aux ordres d’une officine plus ou moins officielle. Nous sommes plongés dans de nombreux aspects cachés, sombres, de notre société. Dans de nombreux aspects sombres, cachés, d’une même histoire qui pourrait déboucher sur un événement retentissant, cauchemardesque…

Au travers des différents personnages, nous suivons un drame en marche et toutes les forces que le pays déploie pour l’empêcher. Des forces prêtes à oublier une certaine morale, à fermer les yeux sur des comportements limites. Des forces qui s’affrontent, issues de ministères, de services différents. Une concurrence pas toujours saine…

DOA décortique avec application un ensemble de micro-événements se déroulant à la périphérie de ce qui pourrait être l’intrigue principale. Mais le roman est tellement foisonnant que l’on peut y piocher, y choisir l’histoire qui nous plait, celle qui pourrait être centrale. Le suspens nous tient et nous accroche, les différents angles, points de vue, font que jamais l’on ne s’ennuie, jamais l’on ne se perd.

Le temps est encore un facteur important, scandé par des dates, à chaque début de chapitre. L’histoire se déroule sur une année, d’avril 2001 à avril 2002. L’histoire est également rythmée par les musiques que Lynx écoute.

C’est riche, prenant, et offrant un point de vue sur une société, ses côtés nauséabonds, ignorés, volontairement ou pas. Il y a de l’espionnage, du politique, et de l’humain, avec tout ce que cela peut comporter comme incertitudes, questionnements, approximations.

Avec DOA, nous ne sommes jamais loin du thriller et, à coup sûr, dans le roman noir.

Deux ans plus tard, Le serpent aux mille coupures frétille sur les étals. La plume de l’auteur est toujours aussi acérée.

Le temps reprend son cours. Les heures passent et sont comptées. Nous entrons dans l’histoire à H+6… et en ressortirons à H+88. Quelques jours dans un coin reculé de France où le hasard va faire se télescoper un homme solitaire et une organisation criminelle… ou plusieurs sur le point de se rencontrer.Le serpent aux mille coupures (Gallimard, 2009)

Un choc qui va entraîner quelques réactions en cascade, quelques violences dans un voisinage aux prises avec ses propres règlements de compte. Les points de vue se multiplient et les forces de l’ordre débarquent au milieu d’une histoire qu’elles vont devoir démêler en évitant un bain de sang qui paraît inéluctable.

Le fils d’un puissant trafiquant meurt sur le bord d’un chemin alors qu’une rencontre avec une autre organisation se préparait. Il meurt dans ce qui semble être un coup de malchance. Un motard blessé, a priori en fuite, a su se défendre quand un garde-du-corps s’est occupé de faire le ménage…

Le secteur va devenir l’objet de bien des affrontements…

Le gendarme Massé du Réaux, lieutenant-colonel de son état, sent le temps s’égrainer et certaines vérités lui échapper. Il va devoir les saisir avant qu’il ne soit trop tard.

C’est un livre direct, rapide, efficace. Il ne brasse pas de grands sujets de société mais décrit celle-ci au travers d’un fait divers dont les retentissements sont multiples.

Les personnages sont, une fois de plus, riches et la violence inévitable. Un appendice indestructible, inévitable, de la société.

Le regard est noir, désabusé, profond. Prenant.

Les mille coupures du titre sont une torture particulièrement raffinée et cruelle. Et cet opus apparaît comme un prolongement, un des nombreux possibles, du précédent… L’atmosphère y est presque la même. DOA n’en avait pas fini avec son intrigue, il pourra encore la prolonger à volonté tellement sa richesse est une invitation à le faire.

Pour s’en éloigner un peu DOA va se tourner vers une de ses semblables.

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4 réflexions sur “DOA, série noire

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