Franz Bartelt, écriture, parole et allocations

En 2008, Bartelt continue d’écumer les éditeurs. C’est cette fois aux Editions La Branche qu’il commet et publie un nouveau court roman, Nadada. Comme pour Oppel et la même maison, il s’agit d’un hommage, au moins dans le titre, à Jean-Patrick Manchette et, pour cette fois, son Nada.

Dans ce livre typique de Bartelt, on suit Moncheval. Ce dernier s’est mis en tête d’écrire un bouquin et, pour mettre toutes les chances de son côté, il mène une investigation. Auprès Nadada (La Branche, Suite Noire, 2008)d’autres piliers de bar, il s’informe de ce que ça peut vouloir dire écrire un bouquin, qu’est-il nécessaire pour parvenir à pondre un best-seller. Car s’il veut écrire un bouquin, c’est pour se faire du fric et, il en est sûr, la littérature peut permettre de s’en faire un paquet. Dans le même temps, en parallèle, Moncheval nous raconte l’histoire de Moncheval menant une enquête sur le tueur en série qui sévit dans la ville, l’histoire qu’il aimerait tant écrire… Deux investigations pour un roman savoureux.

Les personnages sont, comme toujours chez l’écrivain, particulièrement réussis, on imagine son appétit à observer et à nous livrer le fruit de cette observation, mâtinée d’une dose d’imagination. Comment un de ces personnages comme on en croise souvent pourrait-il devenir le personnage d’une intrigue romanesque ? C’est sans doute la question que doit souvent se poser le romancier. Tremper la réalité dans la fiction, mélanger, en ne lâchant rien de la réalité ou de la fiction… On obtient chez Bartelt des situations loufoques, décalées, avec des personnages tellement proches de ceux que l’on voit tous les jours qu’on ne pouvait, jusque là, pas les imaginer dans une de ces fictions que l’on aime…

Le tout est assaisonné de maximes, de ces pensées qui décrivent le monde et le mettent en boîte en quelques mots. De ses pensées profondes qui ont pour principal attrait de nous faire sourire tellement elles sont péremptoires, définitives et décalées, vues d’un point de vue si particulier qu’il transpire de lui-même de la phrase… De ces phrases dont il suffit d’un rien, l’ajout de quelques mots, pour en détourner le sens, en faire un autre aphorisme.

Vous l’aurez compris, c’est un Bartelt pur jus, si l’on peut dire, un de ces bouquins plongeant ou plongés résolument dans l’univers original de l’écrivain.

En 2010, l’année suivant la parution d’un recueil de textes intitulé Petit éloge de la vie de tous les jours faisant partie d’une série commandée à différents auteurs, ce sont les éditions Finitude qui publie le nouveau roman de l’écrivain, Je ne sais pas parler.Je ne sais pas parler (Finitude, 2010)

Dans ce texte, les pensées d’un écrivain se succèdent, nous sont donner à lire, pour nous expliquer pourquoi cet écrivain ne sait pas parler. C’est un monologue qui vient à la suite d’une invitation à un entretien que l’écrivain, le personnage central du livre, celui qui écrit à la première personne, n’a pu refuser, lui qui parvenait toujours à éviter cet exercice.

Le temps fuit, le moment fatidique approche et l’angoisse monte dans la gorge du personnage principal.

Nous sommes de nouveau confrontés aux pensées d’un homme, un homme pétri de certitudes, se connaissant et connaissant les autres. A sa manière. Un homme démuni, qui ne sait plus comment faire face à la réalité. Comment affronter les autres. Il va donc imaginer les stratagèmes possibles pour vaincre l’épreuve…

C’est un texte simple, direct, que nous propose Bartelt. Un de ces textes dont il a le secret, un de ces textes qui, sous couvert d’évoquer un cas très particulier, finit par nous parler à nous, nous toucher…

La même année paraît le texte suivant de l’écrivain, une novella éditée par les éditions de l’atelier in8, dans la collection Polaroïd dirigée par Marc Villard, Parures.

Parures (in8, 2010)L’histoire nous est racontée à la première personne par un enfant devenu grand. Il nous décrit son quartier, un quartier d’immeubles, de pauvreté, un quartier d’où l’on jette les ordures par la fenêtre… Son plus grand souvenir est celui d’un incendie, celui de l’église, un spectacle pour tout le voisinage. Il revient ensuite sur son enfance, une enfance difficile parce qu’il n’était pas à sa place, il était comme un mouton noir.

Cette histoire, comme une confidence, est celle des relations entre le narrateur et sa mère. De ses relations et des conséquences sur son existence de tous les jours. Sa mère s’est, en effet, passionnée pour les habits, les modes et a tout fait pour que son fils soit paré des plus beaux atours. Elle a sacrifié leur budget à cette folie. Le fils était une poupée qu’elle habillait au mieux, dont l’apparence était sa seule préoccupation…

Seulement, l’apparence, dans un tel quartier, a ses exigences. Un gamin se doit d’être sale, ses habits se doivent d’être élimés, rapiécés. Ils vont l’apprendre à leur dépend. Le môme en premier, victime des brimades de ses camarades, d’une mise en quarantaine des enseignants.

Et puis, la mère… Elle ne vit que pour habiller son enfant, toute son existence est rythmée par cette folie, cette passion, qui en vaut bien d’autres. Mais c’est une passion déplacée et l’assistante sociale va se charger de lui faire comprendre. A partir de cet instant, de la mise sous surveillance des allocations données par la mairie, la mère perd pied…

Bartelt, à travers la description de cette famille, épingle une société qui ne tolère pas les écarts, les excentriques, les singularités. Quel que soit l’endroit, il faut se conformer à son environnement…

C’est, comme souvent chez l’auteur, une histoire qui, sous couvert de décalage, de bizarrerie, nous amène à nous poser des questions sur ce monde qui nous entoure et dans lequel nous vivons. Il nous en propose une vision acide. Posant le doigt sur ses travers… Par forcément ceux des individus mais aussi ceux des groupes qui ne raisonnent plus, qui suivent des habitudes sans plus jamais s’interroger.

Avec ces trois textes, Bartelt observe ses contemporains et cette société qu’ils ont créée et qui est loin d’être parfaite. Qui ne prend plus en compte l’individu et ses particularités. Il faut se fondre dans la masse pour avancer sans être montré du doigt. Ecrire ne peut être envisagé par le premier venu, il y a des codes à respecter. Quand un livre est écrit, il convient de communiquer et de maîtriser cette société de communication. Et, quelque soit l’endroit où l’on vit, il faut se conformer aux us et coutumes, sous peine de s’isoler, de perdre sa place…

Bartelt continue dans ses livres suivants à nous montrer la société telle qu’il la voit, cruelle, comique. Parce qu’il vaut mieux en rire… jaune ou noir.

Publicités

Franz Bartelt, famille, humanisme et entreprise

L’année 2005 et ses brèves explorations achevées, le prix Goncourt de la nouvelle remporté pour son excellent recueil Le bar des habitudes, Bartelt revient dans la collection qui lui a valu son plus grand succès. Après avoir publié chez divers éditeurs plus modestes, il retourne dans le giron des éditions Gallimard et retrouve la “série noire” avec Chaos de famille. Nous sommes en 2006 et même si la collection a changé de format, elle accueille de nouveau l’écrivain.

Chaos de famille est un roman que Bartelt ne peut renier. On y trouve tout ce qui fait sa singularité, tout ce qui l’a singularisé aux yeux des lecteurs. C’est tonitruant, d’aucuns diront Chaos de famille (Gallimard, 2006)truculent, ça va à fond dans son sujet, très loin…

Dépression et voisinage, ces deux fléaux touchent Carmina et son mari, le gros Plonque. Le gros Plonque fait ceinture depuis longtemps, depuis que sa femme lui préfère la télévision, il fantasme sur la voisine tandis que la dépression explique le comportement de sa femme et de sa famille… Ça va tomber comme des mouches.

Le verbe est haut. En couleur, en gouaillerie. Les personnages sont bruts de décoffrage et la part belle est donnée aux dialogues. L’histoire n’est pas au centre du bouquin, advienne que pourra…

Et bizarrement, je ne suis pas allé au bout. Allez savoir pourquoi ? J’avais pourtant lu jusque là tout ce que le romancier nous proposait, avec une certaine délectation pour ne pas dire une délectation certaine. J’ai lu depuis les autres romans avec plaisir mais là, je me suis arrêté… Un accident.

Peut-être la collection dans laquelle il était publié m’a-t-elle induit en erreur ?… Peut-être. Mais d’un autre côté, c’est pour le nom en haut sur la couverture, pas celui en bas, que j’ai acheté le bouquin.

Alors, voilà, il y a des mystères. On ne peut pas tout aimer en bloc chez un auteur, il faut bien qu’à un moment ça coince, un peu ou beaucoup. Pour Bartelt, ce fut juste le temps d’un livre… Du coup, j’y reviendrai sûrement un jour ou l’autre à ce livre. Comme pour Ellroy

La même année paraît un recueil de textes savoureux sur la ville dans laquelle il a grandi et près de laquelle il vit toujours, Charleville-Mézières… absolument moderne. Il s’agit d’un beau livre, avec photos de Jean-Marie Lecomte et Thierry Chantegret, publié par les éditions Noires Terres. L’ironie et l’observation décalée de Franz Bartelt donnent aux souvenirs égrainés un ton particulièrement réjouissant.

Après un recueil de textes parus chez Gallimard en 2007, Pleut-il ?, Bartelt revient vers la fiction l’année suivante par le biais de deux courts romans édités par Le Dilettante.

La belle maison nous conduit à Cons-sur-Lombes. Village plutôt fier de lui, surtout au travers de son maire, M. Balbe. Un maire plein d’ambitions et porté sur le bonheur de son prochain, une volonté teintée d’humanisme. Un humanisme qui ne demande pas son avis à ceux à qui sont destinées ses faveurs… Car Cons ne compte pas de chômeur, mais il a ses La belle maison (Le Dilettante, 2008)deux marginaux, Mortimer et Constance Boulu que la population s’est empressée de surnommer les Crapouilles. Pour Balbe, les Crapouilles font tache, il faut trouver une solution pour que Cons ait encore plus fier allure, pour que Cons soit encore plus exemplaire… La solidarité va être sollicitée pour construire au couple une maison.

Franz Bartelt s’en donne à cœur joie, il esquinte toute cette gentille population à commencer par son premier magistrat. Et il le fait avec un bonheur communicatif. Tout y passe… sauf les deux Crapouilles.

C’est qu’ils se sont construit une petite vie qui leur convient et qui n’a pas besoin de l’aumône des âmes bien-pensantes. Une vie qui peut laisser libre court à leur imagination, aux visites inattendues…

Franz Bartelt nous offre avec cette Belle maison une œuvre d’une grande qualité et qui sous couvert de légèreté, épingle une nouvelle fois les travers de ses contemporains. Le style est toujours aussi impeccable, agréable, tout sauf tiède…

Le deuxième texte publié par Le Dilettante s’appelle Les nœuds.

Les noeuds (Le Dilettante, 2008)Les Porquet se sont transmis de père en fils, de génération en génération, l’entreprise familiale. Une entreprise spécialisée dans la fabrication des cordes à nœuds. Mais comme beaucoup d’entreprises artisanales, elle n’a pas su se diversifier et exerce une activité pas loin d’être obsolète. Le dernier de la lignée, Basile, en a parfaitement conscience, tout comme il a, chevillé au corps, dans les gènes, le devoir de faire perdurer le plus longtemps possible l’entreprise. Il est à la croisée des chemins… tiraillé.

Bartelt développe au long des pages la monomanie de Basile et de ses ancêtres. Il approfondi le sujet jusqu’à plus soif, jusqu’au vertige… Et c’est un plaisir de le voir passer par tout ce que l’on peut imaginer autour d’une fiction sur le nœud.

C’est un livre ludique comme beaucoup des livres de son auteur, un livre dont le sujet est approfondi, étudié, tourné en tout sens, comme souvent. C’est un aspect des livres de Bartelt qui en fait des objets uniques, ils ne sont pas écrits pour un lecteur en particulier, pour le lecteur, ils sont des explorations de l’écrivain. Exploration d’un vocabulaire, exploration des possibilités offertes pas un postulat de départ… C’est ce qui leur donne ce goût unique, ce qui accroche un sourire aux lèvres du lecteur pour peu qu’il aime ce type de jeu…

Avec ces deux romans publiés en même temps, Bartelt nous donne à voir deux facettes de son talent, deux caractéristiques de ses histoires, l’observation d’une communauté et celle d’un individu, les deux se mélangeant rarement. Même si l’individu est toujours vu en rapport avec ce qui l’entoure et la communauté présentée au travers des individus la composant…

Après Le Dilettante, Franz Bartelt va continuer à voyager d’un éditeur à l’autre pour nous offrir des textes singuliers et mieux revenir vers son éditeur d’origine, Gallimard, pour de nouveau s’en éloigner…

Dennis Lehane : Boston et Floride, années 20 et 30

Son détour du côté de Kenzie et Gennaro achevé, Dennis Lehane regarde de nouveau vers le passé de sa ville et de son pays. Vers le passé d’endroits qu’il a déjà visités auparavant et qui lui sont familiers. Il reprend le fil du parcours entamé avec Un pays à l’aube (The given day), publié en 2009. Ça s’appelle Ils vivent la nuit (Live by night) et c’est paru il y a quelques mois outre-Atlantique.

Lehane poursuit donc la saga entamée avec la description de la grève des policiers en 1919 à Boston. Suite qui met en scène Joe Coughlin, petit frère de Danny, personnage central du précédent au même titre que Luther. Danny était un policier, comme son père, mais il se démarquait de celui-ci en s’impliquant dans le mouvement de protestation, en luttant pour rester intègre. Joe est également en lutte avec son paternel, Thomas, mais il a choisi une autre voie pour Ils vivent la nuit (Rivages, 2013)l’exprimer, celle de la délinquance. Il veut frayer avec le monde de la nuit. Un autre monde que celui du jour, avec d’autres règles. Une autre barrière pour séparer deux générations.

Nous sommes six ans après la grève des policiers, en pleine Prohibition, et, cette fois, Lehane choisit de suivre la trajectoire d’un seul personnage là où, dans le précédent, il multipliait les points de vue. En effet, bien qu’étant un roman à la troisième personne, il nous narre les aventures de Joseph Coughlin, petit truand devenant grand. Un roman écrit à la manière de ceux de l’époque dans lequel il se situe, à la manière d’un feuilleton, avec rebondissements et morceaux de choix, pour ne pas dire de bravoure… “A la manière de” mais, dans le même temps, résolument de notre époque. Loin d’un certain roman populaire d’autrefois. Il n’y a rien de pontifiant dans le discours, il n’y a pas de démonstration, juste un personnage, embarqué dans une histoire presque malgré lui, et aux prises avec le doute. C’est ce doute qui paraît de notre époque… même un truand, un gangster, un hors-la-loi, peut se poser des questions. Peut voir ses convictions remises en cause face à la réalité. Une réalité violente, incontournable, dérangeante…

Joe Coughlin parcourt les étapes, petit truand arrêté puis mis en prison, ressortant en s’étant fait des relations et finalement à la tête d’un trafique pour le compte d’un plus gros que lui. “Finalement”… pas tout à fait. Les morceaux de choix dont je parlais sont là ; la prison et sa violence, ses affrontements, la lutte pour la survie ; la mise en place d’un trafique clandestin d’alcool et toutes les batailles qui vont avec. Lehane détaille, prend son temps et nous accroche pour ne plus nous lâcher. Il y a les doutes dont je parlais qui rendent Joe presque proche du lecteur que nous sommes, il y a l’amour, la mort, l’injustice, tout ce qui nous happe et nous passionne. Il y a la description d’une société en mutation permettant au grand banditisme de devenir capitaliste, organisé et riche. Le libre-échange qui conforte les riches à vouloir le devenir de plus en plus.

Pas d’âpreté dans le ton de Lehane mais une capacité à nous raconter un personnage et la société qui va avec. Une capacité à nous émouvoir, à nous raconter une histoire presque comme celles que l’on nous lisait enfant, presque comme un Dickens ou un Hugo que l’on a lu plus tard… Capacité à raconter une société qui enfante sa propre gangrène, sa propre perte…

Après deux romans moins convaincants, dans un style simple, précis, Lehane nous rappelle qu’il est un grand romancier. Et nous offre un grand roman. Un grand roman noir avec, outre Joe, des personnages marquants, Thomas, le père, Maso Pescatore, parrain mafieux, Dion, fidèle lieutenant faillible, Emma et Graciela. Un roman ancré dans l’époque au travers de Lucky Luciano et de cette Prohibition qui aura enfanté un crime organisé, véritable société dans la société. Une société que Lehane nous décrit sans détour et dont les failles sont déjà dans les fondations.

Dennis Lehane avait annoncé une trilogie, d’après mes souvenirs. Après ce deuxième opus, on attend le suivant avec une certaine impatience, une envie certaine de l’avoir dans les mains aussi rapidement que possible.

Jean-Patrick Manchette, retraite et hécatombe

En 1981 paraît le dernier roman achevé de Manchette, La position du tireur couché. Il ira ensuite examiner d’autres horizons, passant, en quelque sorte, de l’autre côté, en écrivant des articles sur le genre dans lequel il aura sévit tout au long d’une décennie. Mais se retirer n’est pas une mince affaire.

Se retirer n’est pas simple, c’est ce que va expérimenter Martin Terrier.

Martin Terrier est un soldat de fortune, ou il l’a été. Il est devenu un exécuteur. Un tueur à gage, à la manière d’Aimée La position du tireur couché (Gallimard, 1981)Joubert dans Fatale  ou Thompson dans Ô dingos, ô châteaux. Un tueur à gage avec employeur et contrats suffisamment rémunérateurs pour qu’il envisage de tirer sa révérence. Mais il y a un monde entre vouloir et pouvoir. Pas de problème de paperasses comme ont dû en rencontrer bien des candidats à la retraite mais plutôt des arriérés difficiles à effacer. On ne peut du passé faire table rase, à moins d’être tous d’accord… et là, Terrier, appelé Christian dans son métier, est bien le seul à vouloir arrêter.

Son employeur, M. Cox, voudrait le voir exécuter un ultime contrat, et quelques italiens le verraient volontiers payer pour l’un de ses boulots… Mais Terrier n’en fait qu’à sa tête et il s’en va. Il retourne dans sa ville, là où il a laissé sa vie en plan, là il voudrait la reprendre. Malheureusement, ce qu’il a fait depuis dix ans n’a rien d’une parenthèse, la vie a continué. Sans lui. Anne Freux ne l’a pas attendu…

Alors qu’il quitte Paris, rien ne semble aller comme il l’aurait voulu. Alex n’a vraiment pas bien pris leur séparation et ça ne l’a en rien protégée, Soudan fait également les frais de son départ… Cox n’a pas paru convaincu de son refus d’un dernier contrat et les Rossi parviennent à le filer malgré son expérience. Rien ne va. La réalité ne se conforme pas à ce qu’il voulait…

Les cadavres s’amoncèlent et son ancienne vie lui colle toujours aux basques.

Je ne sais pas comment s’est passé l’après-roman noir pour Manchette mais on souhaite que ça n’ai rien à voir avec ce dernier bouquin. Le style clinique, attaché à l’action, comportementaliste, colle une nouvelle fois à l’intrigue et le parcours de Terrier n’a rien de réjouissant. Il se déglingue au fur et à mesure, juste sauvé par ce qu’il a appris et qui ne lui correspond pourtant plus, certains acquis ont la vie dure…

C’est froid, glaçant et macabre, une marche funèbre.