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Jean-Patrick Manchette, retraite et hécatombe

En 1981 paraît le dernier roman achevé de Manchette, La position du tireur couché. Il ira ensuite examiner d’autres horizons, passant, en quelque sorte, de l’autre côté, en écrivant des articles sur le genre dans lequel il aura sévit tout au long d’une décennie. Mais se retirer n’est pas une mince affaire.

Se retirer n’est pas simple, c’est ce que va expérimenter Martin Terrier.

Martin Terrier est un soldat de fortune, ou il l’a été. Il est devenu un exécuteur. Un tueur à gage, à la manière d’Aimée La position du tireur couché (Gallimard, 1981)Joubert dans Fatale  ou Thompson dans Ô dingos, ô châteaux. Un tueur à gage avec employeur et contrats suffisamment rémunérateurs pour qu’il envisage de tirer sa révérence. Mais il y a un monde entre vouloir et pouvoir. Pas de problème de paperasses comme ont dû en rencontrer bien des candidats à la retraite mais plutôt des arriérés difficiles à effacer. On ne peut du passé faire table rase, à moins d’être tous d’accord… et là, Terrier, appelé Christian dans son métier, est bien le seul à vouloir arrêter.

Son employeur, M. Cox, voudrait le voir exécuter un ultime contrat, et quelques italiens le verraient volontiers payer pour l’un de ses boulots… Mais Terrier n’en fait qu’à sa tête et il s’en va. Il retourne dans sa ville, là où il a laissé sa vie en plan, là il voudrait la reprendre. Malheureusement, ce qu’il a fait depuis dix ans n’a rien d’une parenthèse, la vie a continué. Sans lui. Anne Freux ne l’a pas attendu…

Alors qu’il quitte Paris, rien ne semble aller comme il l’aurait voulu. Alex n’a vraiment pas bien pris leur séparation et ça ne l’a en rien protégée, Soudan fait également les frais de son départ… Cox n’a pas paru convaincu de son refus d’un dernier contrat et les Rossi parviennent à le filer malgré son expérience. Rien ne va. La réalité ne se conforme pas à ce qu’il voulait…

Les cadavres s’amoncèlent et son ancienne vie lui colle toujours aux basques.

Je ne sais pas comment s’est passé l’après-roman noir pour Manchette mais on souhaite que ça n’ai rien à voir avec ce dernier bouquin. Le style clinique, attaché à l’action, comportementaliste, colle une nouvelle fois à l’intrigue et le parcours de Terrier n’a rien de réjouissant. Il se déglingue au fur et à mesure, juste sauvé par ce qu’il a appris et qui ne lui correspond pourtant plus, certains acquis ont la vie dure…

C’est froid, glaçant et macabre, une marche funèbre.

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2 réflexions sur “Jean-Patrick Manchette, retraite et hécatombe

  1. Pingback: Jean-Patrick Manchette, fuite et dézinguage | Moeurs Noires

  2. Pingback: Jean-Hugues Oppel sur le même rivage | Moeurs Noires

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