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Tim Dorsey, Marlon Conrad, sénateur

En 2001, le troisième volet des aventures de Serge A. Storms paraît Outre-Atlantique, Orange Crush. L’orange pressée nous parvient en 2005, sous le même titre, traduit par Jean Pêcheux pour la deuxième fois. Il est publié au lendemain de l’élection controversée de George W. Bush dont la Floride aura été l’arbitre discuté.

Nous sommes en 2002, le débat pour l’élection sénatoriale se prépare, les candidats sont en route. Marlon Conrad est le candidat républicain, candidat à sa réélection. Il est accompagné, escorté, jusqu’au lycée où doit se dérouler l’affrontement. Avant cela, il passe par la demeure de orange-crush-payot-rivages-2001Periwinckle Belvedere, l’un de ses soutiens, l’un des soutiens qu’il faut avoir. Et il l’a. Il révise ses réponses sur les sujets attendus et son conseiller s’alarme qu’il ne réussisse pas à trouver même les plus faciles. Le débat se déroule bien jusqu’à une dernière question qui remet la victoire attendue de Marlon Conrad en question. Une question concernant la peine de mort et surtout l’exécution de la sentence au moyen de la chaise électrique. Peine de mort que Conrad considère comme devant être repensée, comme pouvant être remise en question… ce qui n’est pas la bonne réponse de la part d’un républicain bon teint, et surtout en Floride. Le candidat démocrate s’engouffre dans la brèche et donne un avis plus tranché… La réélection de Marlon Conrad semble plus fragile qu’elle ne l’était au départ. Après le débat, un attentat est commis, le lobbyiste de Belvedere, un homme particulièrement crispant, antipathique, sûr de lui, a juste eu le temps de voir son téléphone exploser, et sa tête avec.

Retour en arrière, comme toujours chez Dorsey, pour comprendre comment on en est arrivé là. Nous revenons une année en arrière, puis deux, pour suivre principalement la trajectoire de Conrad… même si nous en suivons d’autres, bien sûr.

Conrad est un fils à papa qui n’a jamais rien fait que profiter de la fortune familiale en siégeant dans des conseils d’administration divers et variés, en créant des sociétés juste destinées à lui rapporter de l’argent en en prenant à ses clients… en jouant au golf… Il est devenu, parce que c’était écrit, vice-gouverneur et continue à user de sa position pour en faire profiter ses proches ou ceux qui le financent, sans aucun égard pour la loi ou une certaine morale. Il passe son temps sur son ordinateur à jouer à la pêche, aux casinos en ligne et autres activités particulièrement oisives. Il ne supporte pas de lire, ses conseillers doivent lui rendre des rapports plus que concis, ne dépassant pas une phrase et une dizaine de mots. Une plaie mais qui semble correspondre à ce qui est attendu de lui. Alors qu’il vaque à ses occupations, que ses deux conseillers s’écharpent pour avoir le plus d’influence, un journaliste découvre que Marlon Conrad n’a pas effectué son service militaire, une semaine sous les drapeaux… Rien de bien méchant… sauf que son unité est appelée, quelques semaines plus tard, dans les Balkans, au Kosovo. Une expérience qui va le changer.

C’est une aération dans la série que nous offre Dorsey en mettant en avant un personnage qui n’est pas son personnage récurrent. Il nous offre aussi et comme à son habitude une galerie de portraits caustiques et particulièrement drôles. Même si ceux qu’il égratigne sont ceux qui tirent les ficelles du pouvoir et que cela pourrait faire froid dans le dos. Nous avons des milliardaires qui ne pensent qu’à dépenser les subventions publics, des politiciens qui ne savent pas ce qu’ils sont censés faire, des professionnels du lobbying… Mais dans la galerie, il y a également, le conseiller de Conrad au nom savoureux, Escrow, son chargé de communication, Pimento, une femme au blouson rouge, tueuse en série, un inspecteur, Mahoney, se prenant pour un détective privé de la grande époque et admirant autant qu’il le déteste Serge A. Storms, et des soldats, hommes du peuple, avec leurs défauts mais beaucoup plus humains que la plupart des autres… N’oublions pas non plus l’indéboulonnable Blaine Crease, reporter de Florida Cable News. Parmi tous ceux-là se cache d’ailleurs Serge, frappé d’amnésie, ayant pour un temps perdu sa folie, n’ayant gardé pour lui que la mémoire de l’histoire de la Floride, l’histoire telle qu’il la conçoit et nous en faisant de nouveau profiter…

Il y a, comme d’habitude des scènes savoureuses, un appel à un standard automatique proposant des choix fantaisistes, un match de tennis, un autre de catch, une tournée électorale comme on aimerait en voir plus souvent, à bord d’un camping-car baptisé Orange Crush parce qu’ayant été utilisé auparavant pour la promotion d’une boisson à l’orange, tournée électorale qui sème les morts à sa suite. Des scènes moins hilarantes, le passage sur la guerre, la visite aux veuves de guerre…

Dorsey, en funambule, brasse large et touche juste. Il émeut autant qu’il fait rire. Equilibre si difficile à trouver. En funambule, il nous mène jusqu’à une fin en apothéose.

Avant de revenir en arrière pour nous expliquer l’amnésie de Serge dans Stingray Shuffle, Dorsey va remonter le temps encore plus loin pour se situer au beau milieu de Florida Roadkill avec Triggerfish Twist.

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5 réflexions sur “Tim Dorsey, Marlon Conrad, sénateur

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