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Duane Swierczynski, Michael Kowalski, Jack Eisley, une blonde et les Mary Kates

En 2006, un an après A toute allure, paraît le troisième roman de Duane Swierczynski, The Blonde. Il est le premier de ses livres publiés chez nous, quatre ans plus tard, traduit par Sophie Aslanides, sous le même titre.

A l’aéroport de Philadelphie, alors qu’il boit un boilermaker, Jack est interpelé par une blonde assise à côté de lui, elle lui apprend qu’elle vient de l’empoisonner. Elle a versé une substance incolore et inodore dans son verre. Comme il ne la croit pas et se méfie d’un plan drague bizarre, elle lui explique ce qu’il va ressentir dans les heures suivantes. Ne comprenant toujours pas pourquoi elle l’a abordé, il la laisse là et prend un taxi jusqu’à son hôtel. Il a rendez-vous le lendemain avec l’avocat de sa femme et il ne veut en aucun cas que la procédure de divorce ne tourne au fiasco parce qu’il aurait répondu positivement à la demande de cette blonde. Elle voulait qu’il l’emmène jusqu’à son hôtel avant de lui donner l’antidote.

Au même moment, Michael Kowalski, celui qui avait surgi dans les dernières pages d’A toute allure, s’apprête à loger une balle dans la tête de sa cible quand il est interrompu par les vibrations de son téléphone. Il renonce à son entreprise de vengeance, la mission qu’il s’est assigné, pour remplir ses occupations professionnelles, assez proches de celles qui l’occupent pour le moment. Kowalski travaille pour une agence gouvernementale secrète, le CI-6, et en est un de leurs exécutants. Son contact habituel à l’agence lui demande d’aller récupérer la tête d’un cadavre à Houston. Il se rend donc à l’aéroport, celui de Philadelphie.

Entre temps, Jack a vécu exactement les symptômes annoncés par la blonde. Des nausées et des vomissements carabinés. Il décide donc de retourner à l’aéroport, à la recherche de la blonde pour récupérer l’antidote.

Alors qu’il arrive devant le terminal des départs, Kowalski est de nouveau contacté par celle qui s’occupe de ses missions pour lui dire que celle-ci a changé. Il doit désormais retrouver une certaine Kelly White…

L’action est rythmée et alterne les points de vue de manière rapide. Swierczynski ne nous laisse pas respirer, égrainant les minutes, tout au long de cette aventure. Le temps d’une nuit. On passe de Michael à Jack, de Kowalski à Eisley, au gré des rebondissements. Ils se croisent sans avoir le temps d’échanger beaucoup, chacun des deux emporté dans un maelström trépidant. La fameuse Kelly White les entraînant dans un tourbillon, au cœur d’un Philadelphie pourtant bien calme.

D’une banlieue de Philadelphie à un club bien particulier, d’un hôtel à l’aéroport, du métro à l’hôpital, nous sommes ballotés, comme les personnages. D’un homme dragué mourant de façon soudaine et assez atroce à une course-poursuite dans un train puis l’hôpital, les rebondissements s’enchaînent.

Swierczynski est toujours en grande forme et son imagination file à toute allure. D’un début calqué sur celui de Mort à l’arrivée à des nano-machines mortelles, amélioration du concept, en passant par une tête trimballée dans un sac de sport, un salon où l’on se fait plaisir à distance, des cascades violentes, des cerveaux qui implosent, du gaz en pleine face, rien n’est épargné aux protagonistes. A commencer par la souffrance. Pour notre plus grand plaisir. Car tout cela est raconté sur un ton qui amène le sourire régulièrement, une façon de raconter qui ne se prend pas au sérieux, qui prend de la distance, et qui peut se permettre d’en rajouter.

Jubilatoire et entraînant, un cocktail pas si simple, que le romancier maîtrise pourtant pour la deuxième fois sous nos yeux. Il doit y avoir du talent là-dessous. Un talent que la traduction ne trahit pas… Il y a aussi une certaine érudition, Swierczynski rendant de nouveau hommage à ses aînés du polar.

Et puis il y a aussi Philadelphie, ville tellement différente des aventures qui s’y déroulent, un contraste accentuant le côté déjanté de l’intrigue.

C’est un univers que le romancier construit sous nos yeux depuis deux romans. L’intrigue de celui-ci se déroulant quelques mois après celle du précédent et les pensées et les actions de Kowalski restant hantées par ce qui s’est passé alors, cette partie de sa vie qui a sérieusement été ébranlée, voire anéantie.

On en arriverait presque à se demander ce qui se passe dans la première fiction de l’écrivain, et en quoi elle pouvait être liée à ce que nous avons lu depuis.

Deux ans plus tard, l’auteur poursuit son parcours. Ce sera Mort à tous les étages, tout un programme.

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9 réflexions sur “Duane Swierczynski, Michael Kowalski, Jack Eisley, une blonde et les Mary Kates

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  2. Moi qui suis un maniaque de la lecture chronologique d’une série (TOC littéraire que j’assume pleinement), je te rejoins sur le questionnement concernant « la première fiction de l’écrivain ». La lira-t-on un jour?…
    Amitiés.

    Aimé par 1 personne

    • Bonjour Serge !
      Je me suis justement permis de lui poser la question lors d’un échange sur un réseau social et il a dit que cette idée méritait d’être étudiée… à suivre, donc.
      Amitiés

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