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Duane Swierczynski, la liquidation de Murphy, Knox et associés

En 2008, deux ans après le précédent, paraît le quatrième roman de Duane Swierczyncki, Severance package. Il nous arrive sept ans plus tard, traduit par Sophie Aslanides sous le titre Mort à tous les étages.

Alors qu’il se lève, en ce samedi matin, Paul ne sait pas qu’il n’a plus que quelques minutes à vivre. Tandis que Molly, son épouse, se douche avant de partir à une réunion extraordinaire à son boulot, il descend et se laisse tenter par la salade qu’elle lui a préparé. Sa succulente salade de pomme de terre, tellement proche de celle que préparait sa grand-mère dans les grandes occasions. Et, on peut dire qu’il succombe à la tentation, car il meurt après en avoir ingurgité à peine un morceau… sous le regard de sa femme.

Quelques minutes plus tard, plusieurs personnes se rendent à cette fameuse réunion prévue de manière inhabituelle un samedi matin. Elle concerne les principaux cadres d’une agence financière. Ils sont au nombre de huit. Outre David Murphy, le patron, et Molly Lewis, son assistante, avec laquelle nous venons de faire connaissance, il y a Jamie DeBroux, Amy Felton, Ethan Goins, Roxanne Kurtwood, Stuart McCrane et Nichole Wise. C’est la canicule sur Philadelphie en ce mois d’août et leurs préoccupations oscillent entre la curiosité de connaître la raison de cette réunion et l’envie d’être ailleurs, de fuir la chaleur. Bientôt, une fois leur curiosité satisfaite, leur envie sera décuplée.

Parmi les huit, seuls deux d’entre eux, Jamie et Roxanne, ne connaissent pas l’activité exacte de l’entreprise. Ils ne sont pas membres de cette Clique constituée des autres, qui savent parfaitement qu’elle opère pour le compte du CI-6, la fameuse agence gouvernementale secrète qui emploie également Michael Kowalski, rencontré dans les deux romans précédents. Ils savent parfaitement qu’il s’agit pour eux de pirater et supprimer les comptes bancaires de terroristes.

Pour l’heure, il n’est question que de connaître le pourquoi de cette réunion.

David Murphy a bien fait les choses. Cookies, jus d’orange et même champagne ! Puis l’annonce. L’entreprise va disparaître et, pour disparaître, chacun des participants à la réunion doit mourir. Toute fuite est impossible, les ascenseurs sont programmés pour ne plus s’arrêter à l’étage et les sorties de secours sont piégées au gaz sarin. Le seul choix qui reste est celui de la façon de mourir, soit en ingurgitant un mélange de champagne et jus d’orange savamment empoisonné, soit d’une balle dans la tête. C’est Molly, en bonne assistante, qui fournit à David l’arme…

Et c’est parti pour un joyeux dézinguage ! Car, en dehors de Stuart qui choisit le cocktail mimosa, et de David, victime immédiate de Molly, d’une balle d’une autre arme dans la tête, les autres n’ont pas l’intention de suivre le programme de leur patron… A commencer par Molly, donc, qui a décidé de profiter de cette opportunité pour faire une démonstration de ses aptitudes à tuer ses semblables, sous les yeux de ceux qui, à 5600 kilomètres de là, observent les événements grâce aux caméras disséminées dans tout l’étage…

En même temps que Molly suit le plan qu’elle s’est fixé, les autres tentent de réagir. La rupture ou le licenciement évoqués dans le titre se transforment en entretien d’embauche ou en tentative de survie.

Et, bien sûr, rien ne se passe comme prévu, ceci donnant lieu à un déchaînement de violences et une accumulation d’affrontements nous faisant frôler l’overdose… Un jeu sur les limites pas toujours évident, qui peut parfois donner la sensation d’un trop-plein.

Mais Swierczynski ne cherche pas à nous épargner, il est, comme pour les romans précédents, dans le genre, il s’y inscrit pleinement. Cette fois, il s’agit de s’immerger, de s’ébattre, jusqu’à l’excès bien sûr, dans le pulp, avec d’ailleurs des illustrations qui ponctuent certains rebondissements, qui les soulignent, comme au bon vieux temps des romans paraissant en feuilleton dans les journaux. Un pulp qui irait voir du côté de l’espionnage mais juste comme toile de fond, un espionnage proche du film Kingsman : The Secret Service ou de Deadpool, le film ou le comic dont Swierczynski a d’ailleurs scénarisé l’un des épisodes.

Ça peut paraître trop par moment mais le but est de divertir, de vider la tête, et cet objectif est parfaitement rempli, nous poussant à tourner les pages avec une certaine gourmandise, titillant un voyeurisme pas forcément honteux par moment, peut-être un peu régressif…

Deux ans plus tard, le romancier continue à explorer les genres avec Date Limite.

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3 réflexions sur “Duane Swierczynski, la liquidation de Murphy, Knox et associés

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