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Paul Cain, Gerry Kells et les trafics en tout genre

En 1933, Paul Cain voit son seul et unique roman publié, Fast One. Il faut attendre 1949 pour qu’il soit traduit par Jacques-Laurent Bost et Marcel Duhamel, devenant de ce côté-ci de l’Atlantique A tombeau ouvert. C’est en s’inspirant de plusieurs de ses nouvelles, parues dans le pulp Black Mask, que l’écrivain a imaginé cette intrigue.

Kells se rend dans l’arrière-boutique d’un débit de tabac. Rosen l’y attend pour lui proposer de paraître sur son nouveau bateau-salon-de-jeu. Cela pourra permettre de lancer sa réouverture en éloignant les éventuels concurrents. Le soutien de Kells, proche de Fay, le propriétaire d’un autre bateau ayant la même activité, pourrait laisser penser à une certaine entente. Kells décline l’offre, il ne souhaite pas se trouver au milieu de ceux qui se disputent le pouvoir à Los Angeles. Il se contente de vivre de ses paris et ça lui suffit. Mais il va constater qu’il est déjà trop tard.

Lorsqu’il rentre à son hôtel, on lui signale que Dave Perry a cherché à le contacter à plusieurs reprises. Alors qu’il entre chez Perry, il assiste au meurtre de Doc Haardt, le nouvel associé de Rosen, anciennement proche de Fay. Et les rebondissements vont se multiplier, entraînant Kells au beau milieu de la guerre que se livrent plusieurs hommes pour dominer la ville, tant au niveau politique que du trafic. Devant cette réalité, il décide de ne plus subir passivement et tente de tirer profit des événements. Il y a de l’argent à se faire, et c’est tout ce qu’il sait faire.

D’associations éphémères en trahisons, de chantages en affrontements, l’intrigue avance sous la violence des luttes. Les balles et les coups pleuvent.

Paul Cain mène son roman dans un pur style descriptif, pas de place pour les pensées des personnages, seules leurs actions les définissent. C’est bien le style behavioriste poussé loin, presqu’à son extrême, faisant la part belle aux dialogues. Contemporain de Hammett, issu du Black Mask comme lui, il s’inscrit pleinement dans les débuts du roman noir aux Etats-Unis. Ça se passe à Los Angeles, ça va d’un règlement de compte à l’autre, entre des politiciens cherchant à s’associer au crime organisé et des caïds voulant faire main basse sur le pouvoir politique. Rien de reluisant. La collusion est à tous les niveaux, même la police ressemble à une girouette.

Au milieu de tout cela, Kells tente de rentabiliser les tensions, les luttes, avançant d’un meurtre à un autre, en réchappant souvent de justesse. Mais est-il vraiment de taille ?

Toi avec ton orgueil ! Ton goût du risque. Tes petits règlements de comptes à grand spectacle ! […] Le malheur, avec toi, c’est que t’as vu trop de films de gangsters…

C’est un bon roman qu’a commis Cain. Un roman qui possède son pesant de seconds couteaux, de femmes fatales, de flics intègres ou ripoux. Les flingues et bagnoles définissent aussi l’action. Les billets passent d’une main à une autre aussi facilement que ça…

C’est un roman parfaitement dans la tendance du roman noir naissant.

Quelques années plus tard paraîtra un recueil de quelques unes de ses nouvelles. Second livre de Paul Cain traduit pour nous, il s’intitule Sept tueurs.

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2 réflexions sur “Paul Cain, Gerry Kells et les trafics en tout genre

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