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John Harvey, Karen Shields, Cordon et le crime organisé

En 2012, John Harvey publie un dix-huitième roman sous son nom, Good Bait. Il nous arrive deux ans plus tard, traduit pour la première fois par Karine Lalechère, sous le titre de Lignes de fuite. Bien qu’en dehors de ses séries, Resnick, Elder ou Grayson et Walker, il reste dans l’univers du romancier, son titre original le souligne, référence à une chanson, et nous y retrouvons des personnages croisés précédemment.

 

Un corps a été retrouvé, sous la glace d’un étang, à Hampstead Heath, le corps d’un jeune homme. Karen Shields, réveillée en pleine nuit pour se rendre sur place, y croise son divisionnaire qui dînait dans le coin et en profite pour lui demander si elle n’est pas trop surchargée de travail. Il est vrai que les affaires s’accumulent, un double meurtre à Holloway, un meurtre par balle à Walthamstow et un autre meurtre à Wood Green. A l’approche de Noël, il n’y a pas de quoi s’ennuyer. Mais c’est son lot habituel. Epaulée par Ramsden, elle mène les différentes enquêtes. Le mort de Hampstead Heath a bientôt un nom, Petru Andronic, un moldave arrivé récemment à Londres.

En Cornouailles, Cordon, en charge de la police de proximité, est réclamé par une femme, Maxine Carlin. Bien que dans un état second, elle a tenu à le voir pour lui demander s’il pouvait l’aider à retrouver sa fille. Rose, qui se fait désormais appeler Letitia, a été proche de Cordon, promenant son chien pendant une période. Puis, cette drogue qui exerce son emprise sur sa mère l’a à son tour happée. Mais Letitia est majeure et ce type de recherche n’est pas du ressort de Cordon. Il essaie de rassurer Maxine, promettant vaguement d’effectuer quelques recherches. Il va s’y intéresser vraiment en apprenant la mort de Maxine, à Londres, passée sous une rame de métro.

 

Nous suivons les deux personnages en alternance. Karen Shields, déjà croisée dans De cendres et d’os puis dans Cold in Hand, dirige son équipe en s’impliquant dans les différentes enquêtes. D’autres vont s’y ajouter.

Cordon, croisé dans Le deuil et l’oubli, se colle à son affaire, en dehors du boulot. Il prend un congé sans solde pour en savoir plus sur Letitia puis l’aider à se protéger d’un homme, le père de son fils, qui ne veut pas qu’elle l’en sépare.

Nous passons de la Cornouailles à Londres, de l’Angleterre à la Bretagne pour une rapide incursion.

Karen Shields finit par hériter d’une affaire sordide, règlement de compte de règlement de compte, qui intéresse plusieurs services et qui se rapproche de celle de Cordon. Les enquêtes évoluent, en parallèle, les policiers se débattent sans toujours parvenir à avancer, ils patientent, espérant débusquer l’indice qui leur permettra de les résoudre. Les enquêtes avancent en parallèle, celle de Cordon et celles de Shields, sans jamais se rejoindre. Lorsqu’elles se croisent, les flics ne sont pas là…

 

C’est de nouveau un roman prenant, sensible, que nous offre John Harvey. Un roman délicat, qui prend son temps et laisse les relations entre les personnages évoluer, s’enrichir. Avec deux protagonistes principaux qui connaissent leur métier mais qui semblent beaucoup moins sûrs d’eux dans le privé, dans leurs sentiments, leurs désirs. Nous avions connu ces traits de caractère dans leurs apparitions précédentes. Leurs métiers ne leur permettant que difficilement d’avoir une relation suivie, à l’instar d’un Franck Elder ou d’une Helen Walker.

Cette indécision, cette difficulté à gérer leur vie intime, ne les empêche pas de faire preuve de patience et de caractère dans les enquêtes qu’ils mènent. Faisant preuve de la même compassion que leur auteur. Ou que celles et ceux qui les ont précédés sous sa plume.

 

Deux ans après ce roman réussi, John Harvey revient une dernière fois du côté de Resnick avec Ténèbres, ténèbres.

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3 réflexions sur “John Harvey, Karen Shields, Cordon et le crime organisé

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