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Misa Yamamura, Ichiro et la fille du vice-président mènent l’enquête en plein ikebana

C’est en 1975 que paraît le premier des romans de Misa Yamamura à être traduit en français par Jean-Christian Bouvier pour les éditions Picquier. Il s’intitule Des cercueils trop fleuris et nous arrive en 1993. Il s’agit de la première apparition de Catherine Turner et d’Ichiro Hamaguchi qui vont ensuite revenir dans trente-huit des ouvrages de la romancière.

Le vice-président des Etats-Unis atterrit à Tokyo pour une visite officielle de quelques jours. Il est accompagné de sa fille unique, Catherine, venue découvrir le Japon et plus particulièrement l’un de ses arts traditionnels, l’ikebana. Pour en savoir un peu plus sur cette façon d’“arranger les fleurs”, elle restera après le départ de son père et doit, dans un premier temps, choisir l’école qui lui apprendra les subtilités de cet art. Pendant tout le temps de sa présence, un jeune homme ayant étudié aux Etats-Unis, Ichiro Hamaguchi, neveu du ministre des affaires étrangères, a été choisi pour l’accompagner.
Trois écoles, Higashiryu, Kyoryu et Shinryu, les plus importantes, sont présentées à Catherine Turner. C’est parmi elles qu’elle devra faire son choix. Mais, après les avoir écoutées et assisté à une démonstration de leur part, elle exprime le désir de rencontrer Maiko Ogawa dont elle a vu l’exposition à New York récemment et qui lui a donné envie d’en savoir plus sur cette tradition ancestrale. Seulement, cette dernière s’avère difficile à trouver. Absente de son appartement depuis quelques jours, elle n’y fait que des passages éclairs. Il faut dire que sa situation n’est pas simple, comme l’apprend Ichiro auprès de Nakazawa, journaliste dont le magazine a récemment publié un article de la jeune femme, très critique envers l’organisation traditionnelle très rigide des écoles d’ikebana, article très mal perçu par celles-ci et notamment celle dont elle dépend, Higashiryu. Ichiro finit par apprendre que Maiko Ogawa et cette dernière auraient passé un accord, une promotion contre l’arrêt des critiques. Malheureusement, il ne pourra en avoir confirmation puisque le corps de l’artiste florale est retrouvé dans l’enceinte d’un temple de Kyoto. Elle a été empoisonnée.
C’est une nouvelle affaire qui tombe sur les bras de la police de la ville, et plus particulièrement du commissaire Kariya, déjà empêtrée dans une autre, celle de pétards ayant explosé non loin du cortège du vice-président lorsque celui-ci visitait la ville.

Yamamura nous décrit le monde impitoyable de l’ikebana. La lutte de pouvoir qui le ronge du fait de son importance financière et politique. Elle le fait de manière très documentée, nous permettant ainsi de connaître un pan de la culture japonaise.
Elle imagine une intrigue et une énigme particulièrement élaborée. L’ikebana ne servant pas seulement de fond à l’histoire mais en imprégnant chaque événement, chaque rebondissement, chaque personnage. En dehors de ceux qui mènent l’enquête et découvrent cet univers.
Les personnages sont brossés rapidement, suffisamment décrits pour que nous les connaissions mais pas trop pour que cela ne nous sorte de l’histoire. Car c’est la résolution de l’énigme qui prime. Les deux personnages principaux gagnant en profondeur au fur et à mesure que leur motivation s’intensifie, que leur complicité s’affirme et leur envie de prendre des risques également. Ils mènent l’enquête selon leur bon vouloir, empêcher la fille du vice-président des Etats-Unis de faire ce qu’elle veut n’étant pas facile pour la police et les autorités nippones, un incident diplomatique étant si vite arrivé.
Même s’il y a meurtre, le ton reste léger pour ce qui concerne Catherine et Ichiro qui ressentent là avant tout un défi intellectuel même si, à partir d’un moment, le danger est prégnant.
Le commissaire Kariya ne voit d’ailleurs pas d’un mauvais œil l’aide extérieur qu’apporte le duo, toute idée étant bonne à prendre pour une police un peu débordée par une mise en scène particulièrement élaborée.

On prend plaisir à lire cette intrigue bien construite et au ton agréable. La prise de recul due à l’implication d’une étrangère permet de mieux comprendre ce qui se passe et de ne pas avoir l’impression d’être seul face à une tradition qui nous échappe.
Le roman suivant de Misa Yamamura est également traduit en français, il s’agit de La Ronde noire à l’intrigue une nouvelle fois très élaborée.

2 réflexions sur “Misa Yamamura, Ichiro et la fille du vice-président mènent l’enquête en plein ikebana

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