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A.D.G., Les trois badours

Quatrième de couverture :

C’est nous les trois badours, les merveilleux clowns, qui apportons la joie dans les kermesses pour mongoliens, les congrès de sous-officiers et les goûters pour gâteux des hospices. Un jour, notre petite troupe s’est enrichie d’une nouvelle recrue : un nain de poche, peu causant vu qu’il était tout à fait refroidi. Un beau cadeau dont on a eu un mal fou à se débarrasser. Mais on a de la ressource et des gadgets en pagaille : la baignoire à la vinaigrette, la lessiveuse de nouilles tristes et le corbillard qui n’avance que sur recette.

 

Les dix premières lignes :

Je nous voyais pas très flambards avec notre piano, la guitare et la batterie fatiguée. Je le disais pas aux copains pour pas les décourager, mais de tels instruments pour un numéro de clowns, c’était pas trop sérieux. On faisait plus échappés de lyrique, raclures de concerts qu’amuseurs public. Il nous aurait fallu un xylophone-nougat, de la clochette comme s’il en pleuvait, de la bouteille musicale, un saxo à paillettes, à la rigueur une trompette rouge ou un bandoléon chamarré.

 

Commentaire personnel :

Les temps sont durs pour les intermittents du spectacle dans ces années 70 qui voient l’avènement d’un divertissement nouveau et difficile à concurrencer, la télévision. Les temps sont durs notamment pour les petites troupes qui vivotent en courant le cacheton, des petites troupes comme celle des « trois badours », clowns approximatifs.

Pour continuer à vivre, ils comprennent qu’ils vont devoir se diversifier. Mais se diversifier quand on ne maîtrise pas les nouvelles branches que l’on tente d’investir peut causer quelques soucis, petits et gros. Et nos trois compères, Lumignon, Micro et Bus, ne vont pas y échapper, aux soucis. Petits et gros. Et quand un nain (petit, non ?) débarque dans leur trio, se sont de gros ennuis qui les attendent.

 

ADG ne nous propose pas une étude sociologique sur le mal que la télé a causé à certains petits métiers. Il nous offre une pochade, un amusement. Un amusement enlevé, rythmé, qui tire sur le commerce, les sales types sans foi ni loi et qui nous décrit un trio plutôt improbable, de cette improbabilité sur laquelle ADG aime à s’arrêter. Qu’il prise particulièrement. Et que nous prisons quand il nous les offre.

Nous suivons avec amusement les tribulations des trois artistes de seconde zone, de leur lessiveuse et du plan qu’ils mettent en place pour devenir plus riches mais qui se trouve sans cesse contrecarré par des broutilles plutôt désagréables.

 

C’est léger et distrayant… Ce n’est peut-être pas le meilleur ADG mais Les trois badours confirment que leur auteur demeure une valeur sûre et que même ses romans au souffle plus court ne manquent pas d’intérêt.

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