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Franz Bartelt et Alain Bertrand, Massacre en Ardennes

Quatrième de couverture :

Souffrant d’un petit poil de dépression, Max décide de se refaire une santé en respirant l’air balsamique des Ardennes frontalières. Mais le village dans lequel il a choisi de s’installer est en état de guerre. Les opposants à la création d’une décharge multiplient les manifestations. C’est au cours d’une de celles-ci qu’un député français est assassiné. Les français ayant pour principe d’être les premiers en toute chose, ce cadavre sera le premier d’une série où les belges ne seront pas les derniers à mourir.

Les dix premières lignes :

Le vieux Léonard regardait Lebouef et son fils, lesquels regardaient les gendarmes à cheval se diriger vers les barrières de l’ancien terrain militaire.

Les engins à moteur étaient arrivés le matin. Une partie de la troupe patientait dans des cars, à la limite des terres, bien en vue, de sorte à impressionner le quidam. Un vrai déballage. Le cirque. Comme chaque premier samedi du mois depuis bientôt trois mois. Personne ne s’était jamais autant intéressé à ce coin de l’Ardenne frontalière balayée par des vents qui puaient la pluie, le goudron des cheminées et une pauvreté gaillardement supportée.

Commentaire personnel :

Une manifestation d’opposants à l’implantation d’un centre d’enfouissement de déchets nucléaires se prépare sur le plateau de Bergnies, au cœur des Ardennes, du côté belge de cette région à cheval sur la France et la Belgique. La manifestation va mal tourner et un député français, écologiste, venu faire des révélations est tué durant celle-ci.

Au même moment, Max, un peu dépressif, s’est vu conseillé de respirer, de se concentrer sur sa respiration, par son médecin et le patron de son troquet habituel le pousse à un petit voyage dans les Ardennes, il y a de l’air pur et de l’ambiance.

« Max, je te le dis, il faut que tu ailles faire un petit séjour dans ce pays qui se respire ! Fréquenté comme il l’est en ce moment, tu trouveras à t’occuper. Y a tout ce qui te plaît là-bas : des crapules noires comme un seau de péchés, des innocents aux poches pleines, des canailles équipées pour la frappe globale, des assassins musclés, des emmerdeurs patentés et, si je ne m’abuse, tout un tas de gens redoutablement honnêtes.

– L’Ardennais est idéaliste. »

Le programme est alléchant, difficile d’y résister. Il décide de suivre ces conseils avisés et ne sera pas déçu, ce qui lui était promis sera respecté en tout point. Il va graviter au sein d’une histoire de magouille politique et financière, de règlement de comptes et de conflits d’intérêt, qui ne vont pas manquer de provoquer une hécatombe. Le député français étant le premier d’une liste à rallonge. Il va également croiser une galerie de personnages qui valent le détour.

En combinant ça à l’air pur, comment ne pas se requinquer ? Mais il faut d’abord s’en sortir…

Franz Bartelt et Alain Bertrand nous offrent une savoureuse vision des relations franco-belges, une vision décapante et qui dézingue à tout va.

Tout le monde y passe, du simple quidam à l’homme politique plein d’ambition. Et, comme toujours chez Bartelt, la philosophie de chacun est savoureuse, les considérations sur les uns et les autres s’enchaînent pour notre plus grand plaisir.

« Les Français sont carriéristes, pensait le ministre, mais quelle grande race de ministres il font. »

Et il imitait le Français si apte à l’élaboration des maximes et des mots historiques, si porté à occuper son dimanche à prononcer des petites phrases qui feront le tour des journaux et que les éditorialistes transformeront en clichés immortels.

On s’amuse, c’est rocambolesque, jouissif par moment, mais également sacrément noir.

A savourer !

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Et pourquoi pas quelques épisodes de la série du Poulpe, que cette aventure n’est pas sans rappeler, Max faisant un cousin de Gabriel Lecouvreur plus que plausible.

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