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Hugues Pagan, L’eau du bocal

Si vous avez manqué le début (4ème de couv’)

Bouleversements politiques, changement de majorité, donc modification dans l’organigramme des flics. Les bons grimpent, les méchants vont au purgatoire. L’inspecteur divisionnaire Rameau connaît la musique : le voila affecté au service trombones de la Sécurité Intérieure, tandis que son petit-fils, Petit Facteur, fabrique des bombes miniaturisées qui tiennent juste dans un stylo à bille de marque « police nationale 1975 ». Le problème, c’est qu’il les oublie un peut partout et qu’elles explosent. De là à voir une vague d’attentats terroristes ou même à soupçonner un complot contre le nouveau chef de l’état, il n’y a qu’un pas…

Les dix premières lignes

Il était neuf heures.

Rameau déambulait dans les couloirs interminables sans hâte excessive, en se triturant le lobe de l’oreille gauche, ce qui pouvait passer pour un signe d’intense nervosité. Couloirs vastes et perpendiculaires, hauts de plafonds et bordés de salles de classe aux vitres dépolies, ponctués à intervalles monotones de portes capitonnées trahissant au passage l’antre d’un quelconque chef de division et, à chaque fois, le petit policier soupçonnait des plantes vertes, une télé couleur portable, des fauteuils en simili gris souris, une console radio et un téléphone au pupitre de la taille approximative d’un tableau de bord de DC 9, la bibliothèque réglementaire ainsi que le portrait du chef de l’état en cours.

Un commentaire personnel

L’eau du bocal est un livre non identifié… Un objet bizarre et original. Le genre de roman que vous ne trouvez pas à tous les coins de rue et que vous ne croiserez sûrement pas avant un bon bout de temps.

Une vague d’attentats terroristes frappe Paris… Ça vous rappelle quelque chose ? Et pourtant, ce roman est écrit en 1983, trois ans avant la vague d’attentats qui va terroriser, pour de vrai, la capitale. Une vague d’attentats qui mobilise tous ceux que l’on peut trouver… Notamment Rameau, policier mis au placard et que l’on ressort. Mais Rameau, lui, pendant ce temps a d’autres soucis à affronter, à commencer par son fils qui débarque chez lui avec bagages et enfant. Son épouse l’a mis à la porte de leur pavillon, qui n’en a plus de porte, ni de murs, ni rien, après que leur fils, Petit Facteur, et donc petit-fils de Rameau a bricolé une bombe artisanale…

C’est loufoque et noir, désespéré et gentiment barré… Le style est fou. Si on se perd un peu parfois, mais jamais vraiment, c’est avec plaisir. Un plaisir partagé par un auteur qui se défoule, qui jubile. Nous jubilons avec lui. Il aime zapper d’un personnage à l’autre, ça va vite, c’est fouillé et délirant.

Hugues Pagan est un auteur à lire, à lire absolument… surtout si ses autres romans sont de la même qualité !

Vous avez aimé… vous aimerez peut-être

Moi, personnellement, je vais me jeter sur les autres romans de Pagan… je ne peux pas encore vous les conseiller en connaissance de cause mais à mon avis, ils sont à lire !

Tout comme ceux de Jasper Fforde (mais là, on déborde un peu du polar) ou pour faire la comparaison au niveau de la qualité, Manchette, Izzo ou Peace, pour une certaine maestria ! Excusez du peu.

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