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Jean Amila, Langes radieux

Quatrième de couverture :

– Tu ne veux pas te déboutonner, constata le commissaire. Alors, ma petite, gare à toi et à ton bébé ! Le tuyau que tu me refuses, tes « amis » l’obtiendront après t’avoir torturée, défigurée à jamais.

– Je ne sais rien ! répéta Claire en frissonnant.

L’infirmière-chef, indignée, repoussa le policier.

– Sortez ! Ce n’est pas une prison ici, mais une pouponnière ! Faire ça à l’heure de la tétée, c’est une honte.

Les dix premières lignes :

Il y avait un moment déjà qu’Eugène Long était angoissé ; et pourtant, l’homme à côté de lui n’était pas menaçant.

Long l’avait pris à bord à la sortie de La Charité ; peut-être orienté par ce nom de vertu majeure ; en tout cas, favorablement impressionné par cet homme sans bagages, en autocoat élégant, coiffé d’un béret-casquette de velours côtelé, qui levait le bras d’un air ennuyé, « stoppeur » dans le crépuscule.

Commentaire personnel :

Dans ce roman de 1963, Jean Amila ne s’intéresse pas au grand banditisme ni aux cambriolages qui font la une mais à leurs conséquences et aux dommages qu’ils peuvent causer chez ceux qui gravitent autour, directement ou non. Il met au premier plan ceux qui ailleurs ne seraient que des seconds rôles, des figurants.

L’histoire démarre une fois que le gros coup est perpétré, que les truands achèvent leur cavale. Qu’il ne reste qu’à retrouver le magot. Et les envieux sont légion.

Nous allons passer de l’un à l’autre, les suivre avant que la quête ne soit lancée. Puis les voir se jeter dedans. Avec des motivations différentes, parfois opposées.

Amila nous décrit des personnages parfois dépassés par ce qui leur arrive, ne pouvant s’empêcher d’aller vers l’avant après avoir résisté ou fait semblant de résister. Ce sont les autres qui les poussent, plus ou moins consciemment. Et leur avenir se rétrécit au fur et à mesure de l’avancée de l’intrigue.

Amila nous offre un polar de facture classique a priori. Mais, c’est avant tout un Amila, un roman de qualité, aux personnages intéressants, loin de la caricature, même si tout a l’air si classique, un polar classique des années 60. Les figures imposées, Amila les respecte pour mieux s’en libérer…

Vous avez aimé… vous aimerez peut-être :

D’autres romans du même auteur, bien sûr, à commencer par Contest-flic où certains personnages secondaires (qui joueraient les premiers rôles partout ailleurs) apparaissent de nouveau, le commissaire Verdier et l’avocat Me Caparacci.

Et pourquoi pas Jake Arnott et sa trilogie londonienne autour de Harry Starks où les personnages secondaires habituels occupent également le devant de la scène.

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