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Jean-Hugues Oppel, Zaune

Quatrième de couverture :

La Zone. Un territoire au-delà du périphérique. Des pavillons entassés, des achélèmes tristes et des parkings sans printemps. Des usines et des humains en ruines. Des loubards, des flics et des malfrats. Un gros paquet de blanche et des dollars en coupures de sang. Et Zaune. La fille cuivre et or. Qui n’a pas vingt-quatre heures pour sauver son frère. Pour donner un sens à sa vie. Si cela a encore une signification dans la banlieue qui bascule.

Les dix premières lignes :

– Carte.

Le donneur sert. Sans hâte, en garçon qui sait la valeur de l’instant. Mais non sans jeter un regard furtif au demandeur.

Bob. Aussi large que haut. Blondasse, les traits mous, mais jovial quand même. Le bon gros de la bande, depuis toujours. S’en ai fait une raison. Il fixe le rectangle cartonné comme s’il voulait voir au travers. S’efforce de ne rien laisser paraître. Poli, il attend que tous soient servis pour retourner ce qui doit être – il le faut ! – le valet qui lui manque pour son full.

Commentaire personnel :

Partie de poker en ouverture. Un poker entre potes, à un centime (de franc) le point. Tour de table, bluff et mise. Mais bientôt, ça va basculer. Pour Zaune. Qui découvre que son frère, Nanar, un des joueurs, a replongé. Dans la came, il ne sait pas lui cacher, très mauvais bluffeur. Pour financer ses achats, il n’a pas trouvé mieux qu’une solution déplaisante, irritante, pour des gens qui n’ont pas l’air de plaisanter. On ne joue plus, ou plus dans la même catégorie. Les mises n’ont plus rien de dérisoire.

Une course-poursuite s’amorce. Zaune veut retrouver son frère avant les méchants et les flics. Une course-poursuite à travers sa banlieue, qu’on n’appelle pas encore sa cité. Oppel nous offre une vue en coupe d’une de ces villes-nouvelles qui ont poussé aux abords de la capitale. Usines désaffectées, terrains vagues, tours collées les unes aux autres, cultures multiples qui se côtoient, se remplacent, animateurs de MJC qui s’accrochent…

La course-poursuite est haletante, les personnages bien campés, savoureux. Chacun tente de connaître le jeu de l’autre, sans trop découvrir le sien.

Oppel excelle dans ce roman sans grande prétention sinon celle de nous distraire en nous offrant de vrais morceaux de constat social en prime. Il nous offre une action linéaire prenante, au style toujours aussi agréable.

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Je ne sais pas trop. Quelques Manchette, sans aucun doute, tout en sobriété, coups de poing.

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