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Paul Colize, La troisième vague

Quatrième de couverture :

Quel est le point commun entre la mort inopinée d’un paparazzo en plein cœur de Bruxelles, l’éducation criminelle d’un voyou à Montréal et les deux vagues d’attaques bestiales survenues entre 1982 et 1985 dans les supermarchés du Brabant wallon ? A priori aucun. Pourtant, lorsque Vassili Sokolovski abandonne les faubourgs de Bagdad pour la capitale de l’Europe, bien décidé à faire la lumière sur la mort de son ami, il se retrouve dans la focale d’oiseaux qui n’ont rien à voir avec les volatiles de la place Poelaert. Assisté de limiers improvisés de l’Associated Press, il lance son enquête personnelle. Celle-ci dévoilera les dessous d’une affaire criminelle sans précédent qui suscite encore et toujours des interrogations. La troisième vague déferle…

Les dix premières lignes :

Aujourd’hui, plus de vingt ans après les faits, on ne sait toujours rien des tueurs et de leurs mobiles.

Huit juges d’instruction, une centaine d’enquêteurs, des dizaines de journalistes et deux commissions parlementaires ont tenté, sans succès, de faire la lumière sur cette affaire.

A l’époque, cinq hypothèses furent émises, mais aucune d’elles ne s’est jamais vue confirmée.

La première, la plus invraisemblable, fut la piste du grand banditisme. Selon cette théorie, le vol était l’objectif principal des attaques.

Commentaire personnel :

Voilà un roman ambitieux, puisqu’il prend à bras-le-corps une affaire qui a connu un certain retentissement en Belgique à l’époque des faits. Un roman ambitieux et qui me semble, au final, à la hauteur de ses ambitions.

L’intrigue est prenante, nous pousse à tourner chaque page pour connaître la suite… Et on se laisse entraîner derrière Vassili, découvrant avec lui cette affaire qui a marqué le royaume. Il faut dire qu’il y a de quoi. Deux vagues de tueries froides et sans mobile évident.

Paul Colize, avec ce style qu’on lui connaît, léger, fluide, nous expose, nous propose une explication. Il nous la propose en nous plongeant au cœur de ce qui va être la troisième vague de ces tueries et au centre de laquelle Vassili va se trouver, bien malgré lui.

Vassili Sokolovski, photographe de guerre, est de retour en Europe après avoir appris la mort de son ami. Et recueilli sur son téléphone portable ses derniers mots. Il veut connaître la vérité et, la police ne pouvant guère satisfaire sa curiosité, il décide de se lancer dans la résolution de l’énigme et déroule l’écheveau des événements, des pistes qu’il débusque en mobilisant ses connaissances, ses collègues. C’est totalement par hasard, donc, qu’il fait le lien avec les meurtres perpétrés dans les années 80.

La démarche de Paul Colize pourrait s’apparenter à celle d’un James Ellroy ou d’un David Peace décidant de se coltiner avec l’affaire qui reste irrésolue dans leur ville, dans leur pays. Mais nous ne sommes pas là dans un roman noir, hanté, aux frontières de la folie, il s’agit bien d’un thriller, d’un roman d’enquête, avec rebondissements et poursuivants patibulaires. Une intrigue digne de ses aînées avec un héro malgré lui, cherchant la vérité, au prise avec un ennemi intrigant dans l’ombre.

Nous sommes bien chez Paul Colize, un Colize malgré tout plus noir qu’auparavant. Nous sommes bien dans un de ses romans, certains aspects ne trompent pas, à commencer par ces personnages dont il a le secret, qui nous sont rapidement sympathiques, ou en tout cas familiers. On a très vite la sensation d’avancer en terrain connu, de suivre des personnes qui pourraient très bien être notre voisin de palier ou tous ceux que l’on croise dans la rue, tous les jours. Cet aspect des romans de Paul Colize est un de ceux, qui pour moi, rendent ses romans intéressants… Un de ses talents.

En résumé, avec La troisième vague, vous avez un roman qui vaut le détour, divertissant, sérieux et inquiétant à la fois. Ne boudez pas ce plaisir !

Il faut lire Paul Colize !

Vous avez aimé… vous aimerez peut-être :

Le début m’a fait pensé au roman de Arturo Perez-Reverte intitulé Le peintre des batailles, peut-être parce que dans les deux cas, on a à faire à un photographe reporter de guerre.

La suite m’a beaucoup ramené au précédent de Paul Colize, le seul que j’avais lu de lui jusqu’ici, Sun Tower, le sérieux en plus, une certaine désinvolture en moins. Un cran au-dessus.

Le roman bénéficie en plus d’une annexe volumineuse (plus de 100 pages) nous expliquant ce que fut cette affaire des tueurs du Brabant wallon. Un ensemble de qualité.

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