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Robin Cook, Le soleil qui s’éteint

Quatrième de couverture :

Protéger un jeune milliardaire qui n’a ni bras ni jambes, c’est chose ardue. Surtout quand l’Agence de Sécurité qui vous emploie utilise des méthodes un peu… directes et poursuit des buts pas très… réguliers. Surtout quand votre meilleur copain, ancien héros et barbouze active, se trouve mêlé à l’affaire. Surtout quand vous êtes veuf, parfaitement inconsolé, d’une femme aimée qui est morte à votre place, à cause du sale métier que vous faites en croyant bien mériter de la Patrie.

Les dix premières lignes :

Le plus grave de mes échecs concerne Helen, ma femme, que j’aurais dû protéger. C’est à cause de ma négligence qu’elle est morte, mise en pièce sur les bords de la Tamise par l’explosion d’une bombe cachée dans le moteur de ma voiture, une bombe qui m’était destinée. C’était l’année dernière, le jour de mes quarante-quatre ans, le matin du 12 juin, à onze heures dix-sept minutes. Elle est enterrée dans une concession du cimetière de West London, face au soleil de l’après-midi, sous une croix qui porte l’inscription « Toute sa gloire est devant elle », suivie des dates de sa naissance et de sa mort.

Commentaire personnel :

Le narrateur et héros vient de perdre sa femme. Il l’a perdue un an auparavant mais ne s’en est pas vraiment remis. C’est un de ses échecs, comme il le dit, c’est surtout ce qui l’a détruit. Même s’il n’était pas bien fringant auparavant.

Après s’être isolé quelques temps en France, il est de retour à Londres, prêt à reprendre son boulot. Résigné. Et son employeur lui propose une nouvelle mission. Il est chargé d’assurer la sécurité d’un homme sans bras ni jambes sur lequel on a essayé de faire un carton et qui est possesseur d’une petite fortune lui permettant notamment de se payer les services de l’agence privée de protection où travaille le narrateur.

Pour aller plus loin que sa simple mission et envisager une intégrité à plus long terme de son client, le personnage principal, sans nom, décide de rechercher les auteurs du méfait. Il va dérouler un écheveau dont on comprend qu’il aboutira à soulever quelques lièvres.

C’est le roman du retour pour Robin Cook. Après onze ans sans publier, il nous offre cette histoire qui s’inscrit dans son évolution personnelle de manière assez évidente. Il s’attaque résolument à un genre, de front, le roman d’enquête, le roman noir, dont on sait que le héros ne sera pas épargné… Un roman qui pourrait faire penser à ceux de Ted Lewis, entre autre Le retour de Jack, dont d’ailleurs Cook a reconnu l’influence sur son œuvre.

Ce roman marque donc une évolution et il en annonce une autre, il annonce la série de l’Usine, avec son héros sans nom et ses intrigues particulièrement noires. Avec ce choix d’une intrigue plus classique qu’auparavant, une enquête que mène le personnage principal, en empruntant ce chemin bien balisé, Robin Cook se donne la possibilité de s’attarder encore plus sur ce qui était déjà sa « marque de fabrique » dans ses romans antérieurs, une atmosphère, une vision du monde particulièrement pessimiste où rien ne peut jamais être racheté et un style d’une qualité peu ordinaire.

Alors bien sûr, c’est un roman de moins grande valeur que certains autres, que certains de ses précédents, comme Quelque chose de pourri au royaume d’Angleterre ou La rue obscène, c’est un roman de transition peut-être, où l’auteur se cherche encore un peu, et qui va lui permettre d’avancer encore plus loin dans la littérature jusqu’à imaginer cette série magistrale qu’est celle de l’Usine et qui fera définitivement de lui l’un très grand du roman noir.

Rien que pour cela, parce qu’il marque une étape décisive dans l’œuvre de Robin Cook, il est à lire. En tout premier lieu, pour ceux qui apprécient grandement ce romancier, évidemment.

Vous avez aimé… vous aimerez peut-être :

Ted Lewis dont l’influence apparaît de manière claire dans ce roman ou encore Hugues Pagan qui semble avoir été énormément influencé, lui, par Robin Cook tout en suivant sa propre voie, et quelle voix !

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