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Robin Cook (Raymond Derek), Crème anglaise

Quatrième de couverture :

Paraît que j’ai trois cent cinquante mots pour vous raconter pourquoi je suis publié. C’est l’histoire d’un gus qui voulait vivre sa vie jusqu’à l’os, qui en avait marre du gratin mité d’où il était issu.

Les deux autres mimiles qu vous allez rencontrer sont comme moi : même milieu, mêmes aspirations. Vous penserez peut-être que nous ne sommes qu’un trio de malfrats cyniques, qu’on a eu que ce qu’on méritait. D’accord, c’est peut-être vrai.

Le seul mérite de ce livre, c’est d’avoir peint des gars qui se marrent quand la vie les coince dans une petite boîte. Ces types-là sont toujours auréolés d’un certain panache.

Les dix premières lignes :

Je dois vous avertir que tout ce qui va suivre découle du palmarès ci-contre : viré du collège le plus huppé d’Angleterre à l’âge de seize ans. Viré du bahut l’année suivante, avec la chtouille chopée de la bonne grecque. Paumé. Devancé l’appel parce qu’encore trop jeunot pour savoir y faire. Glorieuse carrière au front, mon sourire « dents blanches » reflété par mes bottes cirées à l’os à la revue de détail ? Certainement pas : galon de laine et corvée de chiottes. Toujours paumé. Enfant naturel à Weymouth – dans les neuf ans aujourd’hui – un des rares trucs qui me paraissait logique à l’époque parce que le châtiment était proportionné au délit.

Commentaire personnel :

Premier roman publié par Robin Cook, Crème anglaise est un roman noir au sujet hyper classique et au style particulièrement original.

Un roman qui fleure bon l’argot des années soixante, les petits malfrats qui vivent de combines et parlent la langue « de la rue ». Robin Cook a imaginé une langue pour ce premier roman, une langue faite d’un argot particulier, inventé, délicat à traduire en français. C’est toute la difficulté dont nous font part les traducteurs. Plutôt que d’inventer à leur tour une langue pour la version française, ils ont décidé d’utiliser l’argot en usage et d’y ajouter quelques néologismes dans le style du romancier.

Les premiers pas d’un auteur sont toujours intéressants, savoureux, et Robin Cook frappe fort dès son premier roman. On guette ce qui fera sa particularité, sa petite musique si personnelle et elle affleure par endroit.

Il nous raconte l’histoire de trois truands qui vont s’embarquer dans un trafic de fausse-monnaie (de « fausse-mornifle »). Des truands particuliers puisqu’ils sont issus de la haute-bourgeoisie et se sont « encanaillés », ont renié leurs origines, en se lançant dans toutes sortes de combines illégales.

Nous allons les suivre dans leurs préparatifs, dans leur folle équipée. Ils vont se frotter aux caïds, affronter les flics (« l’oncle Bill »).

Après un temps d’adaptation nécessaire au langage, à l’originalité de la narration, on suit avec intérêt les aventures de ces pieds nickelés, de deux d’entre eux plus particulièrement, le narrateur et Carême. On savoure le style du romancier et on referme le roman avec l’envie d’en ouvrir un autre tant on a pris plaisir à lire ces pages.

Ne vous en privez pas.

Vous avez aimé… vous aimerez peut-être :

Les autres romans de Robin Cook, bien sûr, mais aussi Londres Express de Peter Loughran, pour l’aspect cogitations du narrateur, pour l’Angleterre des années 60 et peut-être aussi parce que le traducteur est le même, Marcel Duhamel, fondateur de la « série noire ».

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