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Truman Capote, De sang froid

Quatrième de couverture :

Il était midi au cœur du désert de Mojave. Assis sur une valise de paille, Perry jouait de l’harmonica. Dick était debout au bord d’une grande route noire, la Route 66, les yeux fixés sur le vide immaculé comme si l’intensité de son regard pouvait forcer des automobilistes à se montrer. Il en passait très peu, et nul d’entre eux ne s’arrêtait pour les auto-stoppeurs… Ils attendaient un voyageur solitaire dans une voiture convenable et avec de l’argent dans son porte-billets : un étranger à voler, étrangler et abandonner dans le désert.

Un roman inspiré à un grand écrivain américain par un terrible fait divers.

 

Les dix premières lignes :

Le village de Holcomb est situé sur les hautes plaines à blé de l’ouest du Kansas, une région solitaire que les autres habitants du Kansas appellent « là-bas ». A quelques soixante-dix miles à l’est de la frontière du Colorado, la région a une atmosphère qui est plutôt Far West que Middle West avec son dur ciel bleu et son air d’une pureté de désert. Le parler local est hérissé d’un accent de la plaine, un nasillement de cow-boy, et nombreux sont les hommes qui portent d’étroits pantalons de pionniers, de grands chapeaux de feutre et des bottes à bouts pointus et à talons hauts.

 

Commentaire personnel :

Truman Capote nous emmène au cœur des Etats-Unis pour nous raconter une histoire de son temps. Le sous-titre de son ouvrage précise qu’il s’agit du « récit véridique d’un meurtre et de ses conséquences ». Et c’est effectivement ce à quoi l’écrivain s’attache, la vérité.

Il nous narre donc les dernières heures des victimes et la lente arrivée de leurs meurtriers, les heures s’égrainent, irrémédiables, au même rythme que le destin, rapprochant les protagonistes de l’horreur.

Nous suivons ensuite les pérégrinations des deux criminels parallèlement à l’enquête menée par les hommes du bureau d’investigation du Kansas.

Capote déroule son style fluide au long des pages, il ne maquille pas les faits, il nous les expose au fur et à mesure dans leur froide succession.

De toute évidence, il s’est passionné pour son sujet, il a réuni un matériau impressionnant, énorme, dans lequel il puise pour nous asséner une vérité troublante. Des victimes aimées de tous, des meurtriers sans conscience ou si peu…

C’est un livre marquant, puissant, qu’à écrit là Truman Capote, un livre qui dérange, qui vous jette à la figure de sombres constats sur la nature humaine.

 

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A noter, une excellente analyse de J.M.G. Le Clezio (http://www.magazine-litteraire.com/archives/ar_clezi.htm).

Un film a été adapté de ce roman, réalisé par Richard Brooks en 1967. Le film Capote raconte quant à lui l’histoire de l’écriture du roman.

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