Léo Malet devant mes yeux

Léo Malet est devenu un incontournable du polar comme on peut le constater sur le net. Il l’était déjà avant l’avènement de cette toile médiatique.

 

Il l’était quand je découvrais le genre parmi toutes mes lectures. Je me souviens notamment d’un magazine auquel j’étais abonné, impossible de retrouver son nom, et qui, durant un été (je crois que c’était un été), avait publié en feuilleton un roman policier (hommage au roman populaire en même temps qu’aux origines du roman policier ?). Chaque épisode, chaque chapitre, était rédigé à la manière de. Il devait y avoir Agatha Christie, bien sûr, Georges Simenon et d’autres, dont Léo Malet et son détective fétiche. J’avais apprécié chaque épisode, découvrant au passage de nombreux univers…

J’ai lu certains d’entre eux depuis mais impossible de remettre la main sur cette fameuse publication pour préado ou ado… si quelqu’un s’en souvient ou l’a chez lui, je suis preneur.

Léo Malet a donc fait parti de ceux que j’ai découverts à cette occasion, j’ai lu ensuite un ou deux Burma, je ne sais plus trop lesquels.

 

Il y a eu aussi la série télévisée. Avec Guy Marchand. Une série sympathique, qui passait quand même sous silence bien des aspects de l’originale, celle sur papier. Elle ne m’a pas poussé à me plonger dans les romans.

Et puis, mon goût pour le roman noir et ma participation à un site, fameux, Pol’Art Noir bien sûr, m’a ensuite donné envie de lire les noirs de noir du romancier, à commencer par sa trilogie de la même couleur.

 

Il aura fallu finalement quelques années d’existence de ce blog pour que je m’attarde sur l’ensemble de l’œuvre de l’écrivain. Je me limiterai à celle qu’il a signée de son nom, celle dont il pensait qu’elle valait un peu la peine, comme il le dit dans l’extrait d’Apostrophes dont j’ai parlé dans ma revue des ressources en ligne sur l’auteur.

 

Et maintenant, c’est parti pour un parcours avec des hauts et des bas, de l’humour, de l’alcool et pas mal de coups, reçus et donnés !

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Séverine Chevalier sur la Toile

Les trois romans de Séverine Chevalier sont pas mal chroniqués sur la Toile et les avis semblent, pour ceux que je lis, proches d’un certain consensus. Mais, outre ce concert de louanges, dont j’ai tendance en temps ordinaire à me méfier, craignant la déception, il y a deux autres éléments qui m’ont donné envie de tenter le coup.

Le premier est son éditeur, Cyril Herry, dont les jeunes éditions Ecorce proposent un catalogue déjà plein de pépites et que j’avais croisé virtuellement (et même une fois, trop rapidement, en chair et en os) du temps de Pol’Art Noir, ce qui m’avait permis d’apprécier ses avis et la personnalité qui pointait derrière. Le deuxième élément aura été l’avis de Philippe Cottet, longtemps en une du Vent Sombre, affirmant, dans mes souvenirs puisqu’il n’est plus accessible, que la lecture de Clouer l’Ouest (ou était-ce Recluses ?) l’avait convaincu de continuer à parler de bouquins et de ne pas arrêter ses comptes rendus de lecture comme il en avait eu un temps l’intention.

Bref tout cela conjugué a fait que j’ai ouvert les romans de Séverine Chevalier.

 

Une romancière qui reste très énigmatique puisque logiquement on peut surtout lire des billets autour de ses romans. Au point que, comme pour ses personnages, il faut parfois laisser place à notre imagination. Juste à côté des avis sur ses romans, comme par exemple Recluse, son premier, Philippe Cottet a glissé une brève biographie de la romancière. Nous apprenons ainsi qu’elle est née en 1973 à Lyon et vit en Auvergne. Sur Polars Pourpres, il y a accord sur l’année de naissance mais on nous dit qu’elle vit à Marseille. Peut-être est-elle passée par l’Auvergne avant de s’installer à Marseille, ou serait-ce l’inverse ?

Grâce à l’entretien qu’elle a accordé à Robert Guinot pour La Montagne, on est fixé sur la petite énigme précédente puisqu’elle nous apprend qu’elle est passée par Marseille avant de s’installer en Auvergne. Ouf, énigme résolue ! Mais pour le reste, l’entretien évoque ce qui nous intéresse le plus, son parcours autour de l’écriture. L’approche qu’elle en a. Pour connaître encore mieux sa manière de l’appréhender, il y a également son entretien avec Cassiopée sur le site Un Polar Collectif.

 

Il ne me reste plus maintenant qu’à vous parler à mon tour de mes lectures de ses romans.

Horace McCoy dans ma bibliothèque et sur le blog

McCoy a écrit l’un de ces classiques connus de tout le monde, ou presque, d’autant que son adaptation cinématographique par Sydney Pollack permet de le rappeler au souvenir d’un grand nombre d’entre nous. On achève bien les chevaux est un roman marquant, décrivant certaines victimes du rêve américain. Presque un classique que beaucoup ont lu. Impossible de me souvenir quand ça a été le cas pour moi, d’autant qu’il n’est pas ensuite resté dans ma bibliothèque. Un emprunt, sûrement. Ou un prêt avec lecture impérative de la part du prêteur.

Les recensions de lecture me rappelant l’auteur n’ont ensuite pas manqué, comme celles de Claude Le Nocher, dont la dernière est toute récente. Black Mask Stories, dont il parle, valant également le détour pour l’introduction de Jean-Claude Zylberstein, comme il nous le rappelle.

Dernièrement, j’ai rédigé un article pour L’Indic des Fondu au Noir, il s’agissait, pour moi, d’évoquer les auteurs ayant été journalistes. Lors d’un échange avec Caroline de Benedetti, nous nous sommes souvenu du bouquin du même McCoy, Un linceul n’a pas de poches, et d’un de ses métiers avant de devenir scénariste, celui de journaliste sportif. Il était tout indiqué pour l’article et je me suis dit à ce moment-là qu’il avait sa place sur Mœurs Noires, au même titre que les précurseurs que sont Hammett, Paul Cain ou Jean Amila et d’autres qui ne devraient pas tarder, Léo Malet, Raymond Chandler ou encore Chester Himes.

Voilà qui est fait.

William McIlvanney sur la toile et dans ma bibliothèque

William McIlvanney est un romancier venu au noir après avoir débuté dans une littérature plus classique. Tâtant également de la poésie, il a été politiquement engagé toute sa vie.

Sur la toile, il est bien présent, la faute sans doute à sa disparition encore récente, le 5 décembre 2015.

L’annonce par BBC News est encore en ligne, agrémentée d’une présentation qui le qualifie notamment de “voix des classes laborieuses”. The Conversation s’était également fendu d’un article au moment de l’événement, le présentant comme un génie littéraire et socialiste. Alan Taylor avait signé une nécrologie à cette occasion pour The Herald. Un an après sa disparition, c’était son frère, Hugh, journaliste sportif, qui lui consacrait un texte, toujours pour le journal écossais.

Mais la notoriété de McIlvanney n’a pas explosé au moment de son décès, en témoignent plusieurs pages en ligne, celle que Stuart Kelly avait signé en 2006 pour The Telegraph, par exemple, à l’occasion de la sortie de Week End, ou encore celle du British Council retraçant sa vie, proposant une approche critique de son œuvre et listant les récompenses qu’il a obtenues. Enfin pour commencer à approcher son œuvre, dans sa langue maternelle, on peut aller voir du côté de Fantastic Fiction et de la bibliographie qu’il a établie le concernant.

A l’annonce de sa mort, le France n’était pas en reste, Bruno Corty signant un texte pour Le Figaro, tout comme la Culture Box de FranceTV Info. On peut leur préférer l’entretien qu’il avait accordé à Velda pour son Blog du polar et qu’elle a publié en hommage. Cela permet de s’approcher de son œuvre, de la même manière que l’article qu’avait consacré Christine Ferniot sur Télérama à la réédition de la trilogie autour de Jack Laidlaw. Après toutes ces informations, pour refaire le point sur ce que l’on peut savoir du romancier, il y a la page qui lui est consacrée sur Polars Pourpres ou encore celle sur Wikipédia.

On peut enfin noter la page qui lui rend hommage sur Facebook, un mémorial pas si courant.

C’est parce qu’il était présenté comme le “parrain” du “Tartan Noir”, ce mouvement de l’éclosion du roman noir écossais, et comme un écrivain social que j’ai ouvert ses romans, le premier d’entre eux traduits en France lorgnant sérieusement vers le roman naturaliste. Je vais bien sûr reparler très prochainement de ma lecture de ses romans.

Marc Behm entoilé malgré tout

Nouvel auteur sur Mœurs Noires, Marc Behm était un romancier discret. Au point que sa mort n’a été rendue publique que quelques temps après. Malgré ce peu de publicité autour de l’auteur, sa notoriété est là comme la Toile en atteste au travers de quelques articles qui par leur qualité témoignent de l’intérêt que lui portent ceux qui l’ont lu.

C’est Sabrina Champenois qui évoque dans un article pour Libération le décalage entre sa mort et son annonce avant de poursuivre sur une évocation de l’écrivain assez intéressante. Présentant le même intérêt, deux autres articles sont accessibles en ligne, l’un de Pascal Perrot sur Brouillons de culture, l’autre sur 13ème rue.

Un documentaire lui avait été également consacré en 1995, réalisé par Olivier Bourbeillon et produit par Paris-Brest.

Outre-Manche, il a fait l’objet de deux articles dans le Guardian, l’un de Christopher Hawtree, l’autre de l’un de ses éditeurs anglais, Maxim Jakubowski.

En ce qui me concerne, Marc Behm a d’abord été associé à Mortelle Randonnée, la seconde collaboration entre Michel Audiard, Claude Miller et Michel Serrault. Il m’aura fallu quelques années pour en venir aux romans de l’écrivain à l’origine d’autres films comme Charade de Stanley Donen ou Help de Richard Lester, celui avec les Beatles.

Après ces petites lectures pour mieux connaître l’auteur et qui dévoilent quelques intrigues (on appelle aussi ça des spoilers, non ?), donc à éviter si vous voulez garder l’attrait de la découverte, je vais vous parler des miennes concernant ses romans, à commencer par La Reine de la nuit, le premier d’entre eux.

Duane Swierczynski entre mes mains

C’est d’une façon plus inhabituelle qu’à l’habitude que ce romancier est arrivé jusque sous mes yeux. En tout cas, d’une façon dont je n’ai pas parlé jusqu’ici. Et c’est l’occasion d’évoquer ces personnes un peu dans l’ombre qui nous amènent tant de lectures.

C’était il y a quelques mois, lors d’une journée autour du polar. Après un spécialiste du sujet, universitaire de son état, après un écrivain pas mal calé non plus, et avant qu’un autre écrivain venu du Wyoming ne parle de son métier, j’avais eu la chance d’assister au témoignage d’une traductrice. La traductrice de l’écrivain en question et de Duane Swierczynski. Sophie Aslanides, vous l’avez compris.

C’était vraiment intéressant et je me suis dit qu’effectivement, les traducteurs font parti de ceux qui nous donnent envie de lire. Ce sont des pourvoyeurs de lecture, des défricheurs de nouveaux univers, des découvreurs et parfois conseillers auprès des éditeurs. Il y en a tellement que je ne pourrais pas commencer à les citer, de peur d’en oublier tellement. Juste peut-être Jean-Paul Gratias pour l’avoir croisé sur le défunt forum Pol’Art Noir.

Après avoir tourné autour des romans de Swierczynski, je vous en parle, c’est promis, dans mon prochain billet.

John Le Carré sous mes yeux

Plus vraiment sûr de la manière dont les romans de John Le Carré sont arrivés jusqu’à moi… Attendez…

Je rentrais chez moi. Et, comme plusieurs fois depuis quelques jours, une sensation de malaise s’empara de moi. Les quelques indices que j’avais remarqués à deux ou trois reprises, les quelques marques que je laissais habituellement avant de partir et qui n’étaient plus là, ne pouvaient mentir. Quelqu’un s’était introduit dans ma maison en mon absence. J’ai toujours eu la même réaction dans cette situation et c’est celle que l’on nous avait appris à avoir, je mobilisai toute la concentration dont je pouvais faire preuve, tentai de pousser ma perception à son maximum. A l’affût du moindre bruit, j’avançai. Saisissant au passage une canne, simple élément du décor pouvant être converti en arme de défense, je tentai d’éviter les lames de parquet dont je savais qu’elles trahiraient ma progression. Ma présence quant à elle ne pouvait faire aucun doute, je n’avais pas pris de précaution en me garant et en courant pour atteindre le porche.

La porte de la bibliothèque, la pièce que je prisais le plus, était entrebâillée. Impossible de douter davantage. Je la poussais un peu plus et aperçu la fumée d’une cigarette montant depuis le fauteuil qui me tournait le dos, faisant face à l’âtre. Sur l’accoudoir reposait un livre dont la couverture m’était inconnu… telle fut ma première rencontre avec l’œuvre de Le Carré…

Ou peut-être cela s’est-il passé différemment.

John Le Carré était un nom qui m’était connu. L’enchaînement de deux petits événements le fit arriver sur mes étagères. La télévision venait de rediffuser l’adaptation de L’espion qui venait du froid et je me promenai dans les allées d’une foire aux livres. Les romans d’occasion se pressaient les uns contre les autres et je m’arrêtai devant certains d’entre eux, incontournables dans ce genre d’endroit, ceux du maître de l’espionnage. J’ai depuis complété ma collection dans bien d’autres foires aux livres… ainsi en va-t-il souvent de ces “best-sellers”, comme on dit. Quand ils sont de qualité, ça devient une aubaine pour les amateurs de lectures de seconde main…