Virginie Despentes et la Toile

Lorsqu’elle arrive dans le paysage littéraire français, Virginie Despentes est aussi surprise que ceux qui vont la lire. C’est un manuscrit qu’elle croyait perdu, écrit deux ans auparavant, qui est publié par Florent Massot. Une arrivée qui marque. Qui aura provoqué des réactions particulièrement contrastées.

Pour faire le tour de l’auteure, pas sûr qu’Internet soit le bon endroit, pas sûr d’ailleurs qu’elle ait déjà dévoilé autant que ça d’elle. Après tout, une écrivaine donne à voir son œuvre, pas forcément autre chose… et c’est bien les romans qui intéressent les lecteurs, pour la vie et tous ses petits secrets, il y a les abonnements à certains magazines. Despentes ne se cache pas vraiment, elle est engagée, profite de sa notoriété pour certains combats et c’est sûrement ce qui lui importe le plus.

Si vous souhaitez la cerner un peu mieux, voici quand même quelques sites, quelques pages qui nous permettent de la connaître davantage.

Son éditeur nous parle d’elle et de son actualité, comme il se doit. L’encyclopédie collaborative désormais incontournable nous offre dans un article une synthèse de ce qu’on sait d’elle, de ce qu’on dit de son œuvre. Brut se fend d’une présentation rapide à travers une vidéo de 3 minutes. France Culture nous propose également une courte biographie de la romancière et passe en revue son actualité, sur son antenne ou ailleurs. Sens Critique parcourt ses publications (il n’y a pas que des romans).

Enfin, pour mesurer le chemin parcouru par l’auteure depuis ses débuts et la place qu’elle occupe désormais dans le paysage littéraire (peut-être que le chemin effectué par le milieu germanopratin est aussi à prendre en compte), il y a cet article du Figaro qui rend compte du prix qu’à reçu Virginie Despentes cette année, il s’agit de celui décerné par la BNF. On n’oubliera pas qu’elle fait désormais partie du jury du prestigieux prix Goncourt.

Je vais me contenter, pour ma part, de vous parler de ses romans très bientôt. Ils ont leur place dans le genre privilégié sur Mœurs Noires même si il est rare qu’une femme soit considérée comme auteure de roman noir…

Benjamin Whitmer sur le Net et sous mes yeux

Benjamin Whitmer a conquis les lecteurs français de romans noirs depuis trois romans. Dès le premier, il a eu ses aficionados… mais il lui reste semble-t-il a faire de même outre-Atlantique tant sa présence sur la toile paraît être plus importante par chez nous que dans ces Etats-Unis qu’il décrit avec un tel talent.

 

Pas de page en anglais dans l’encyclopédie en ligne qui a supplanté les imprimées incontournables il y a quelques années encore. Sa page en français est légère mais elle existe. Il faut ensuite bien fouiller pour dénicher quelques sites qui nous parlent un peu de lui. Outre la biographie de son éditeur en France, les éditions Gallmeister, on peut trouver quelques occasions de l’entendre, comme dans l’Humeur vagabonde sur France Inter, ou de le voir, comme dans la Grande Librairie sur France 5. Il a même eu les honneurs de Télérama et de son émission Le cercle polar. En dehors de cela, il se fait rare, ce sont principalement ses romans qui ont les honneurs des chroniques, ce qui n’est après tout pas si étonnant ni illogique.

La parution de ses deux premiers bouquins lui ont valu également les honneurs de quelques entretiens dans sont pays, comme sur Fiction Unbound, LitReactor, Electric Lit ou Mystery People. Mais il s’avère relativement peu présent, je ne suis même pas sûr que la version originale de son dernier roman paru par ici, Évasion, ait été publiée dans son pays.

 

En attendant les critiques dont il a bénéficié ici m’ont poussé à le lire et je vous parle très bientôt de ces lectures.

Léo Malet, anar entoilé

Même s’il fut un temps oublié, manquant de reconnaissance, Léo Malet est bien présent sur la Toile, revenu en grâce, reconnu, avant l’avènement du vaste réseau.

 

Si l’on veut faire connaissance avec l’écrivain, on a l’embarras du choix, preuve de la reconnaissance dont il jouit à présent.

Il bénéficie ainsi d’une page et d’un dossier sur le site du CNC, pour nous rappeler qu’il a aussi tâté du cinéma, une présentation est également accessible sur le site Babelio. Il a les honneurs du site Terres d’écrivains, qui va même jusqu’à suivre les pas du narrateur de Brouillard au Pont de Tolbiac (à ne lire que si vous connaissez l’intrigue ou ne voyez pas d’inconvénient à ce que l’histoire vous soit dévoilée).

On peut aller plus loin avec l’article que Wikipédia ne manque pas de lui consacrer et dont la taille atteste du nombre d’études existant déjà sur l’écrivain, 13ème Rue s’est Les enquêtes de Nestor Burma et les Nouveaux Mystères de Pariségalement fendu d’un dossier presqu’aussi complet que l’encyclopédie collaborative. Le papier que lui a consacré François Rivière dans Libération au moment de sa disparition est également bien fourni.

 

Pour attester de la reconnaissance à laquelle il a désormais droit, il suffit de constater que la République des lettres lui fait une place au travers du texte d’André Vanoncini. Cette reconnaissance arrivée tardivement, il l’a quand même touchée du doigt, invité d’Apostrophes, et certaines de ses convictions particulièrement nauséabondes ont été imprimées, dans Libération notamment. C’est aussi ce que nous rappelle Céline du Chéné dans l’émission qu’elle lui a consacré en 2012 pour la série Une vie, une œuvre de France Culture, dans laquelle on retrouve d’ailleurs Patrick Pécherot qui, tout comme pour Amila, un autre “père du roman noir français”, souligne la dette qu’il a pour Malet et l’hommage qu’il lui a rendu dans sa trilogie des brouillards. La station de Radio France propose d’ailleurs un ensemble d’émissions consacrées à l’écrivain qui finissent de nous convaincre qu’il est désormais considéré comme un écrivain important dans la littérature française du vingtième siècle.

 

Pour finir, on peut aller sur le site de l’Université de Namur proposant notamment une bibliographie assez riche des œuvres du romancier.

Et, enfin, n’oublions pas que Léo Malet a sévi dans le genre qui nous intéresse plus particulièrement, Oncle Paul s’est ainsi penché sur le recueil de textes autobiographiques qu’a composé Francis Lacassin, l’un des spécialistes de l’écrivain.

 

L’œuvre de Léo Malet, comme celle d’autres écrivains, présente un intérêt supplémentaire, celui de témoigner d’une époque et d’une ville, Paris. C’est ce que nous rappelle Terres d’écrivains cité plus haut et Lucette Le Van-Lemesle dans un article de 2004 paru dans Sociétés & Représentations que Cairn propose en ligne.Polar n°8 dossier Léo Malet

Après ce tour d’horizon pour une meilleure connaissance de Léo Malet, auquel d’ailleurs Polar avait consacré un dossier dans son numéro 8, il va être temps de passer aux lectures de ses romans.

Séverine Chevalier sur la Toile

Les trois romans de Séverine Chevalier sont pas mal chroniqués sur la Toile et les avis semblent, pour ceux que je lis, proches d’un certain consensus. Mais, outre ce concert de louanges, dont j’ai tendance en temps ordinaire à me méfier, craignant la déception, il y a deux autres éléments qui m’ont donné envie de tenter le coup.

Le premier est son éditeur, Cyril Herry, dont les jeunes éditions Ecorce proposent un catalogue déjà plein de pépites et que j’avais croisé virtuellement (et même une fois, trop rapidement, en chair et en os) du temps de Pol’Art Noir, ce qui m’avait permis d’apprécier ses avis et la personnalité qui pointait derrière. Le deuxième élément aura été l’avis de Philippe Cottet, longtemps en une du Vent Sombre, affirmant, dans mes souvenirs puisqu’il n’est plus accessible, que la lecture de Clouer l’Ouest (ou était-ce Recluses ?) l’avait convaincu de continuer à parler de bouquins et de ne pas arrêter ses comptes rendus de lecture comme il en avait eu un temps l’intention.

Bref tout cela conjugué a fait que j’ai ouvert les romans de Séverine Chevalier.

 

Une romancière qui reste très énigmatique puisque logiquement on peut surtout lire des billets autour de ses romans. Au point que, comme pour ses personnages, il faut parfois laisser place à notre imagination. Juste à côté des avis sur ses romans, comme par exemple Recluse, son premier, Philippe Cottet a glissé une brève biographie de la romancière. Nous apprenons ainsi qu’elle est née en 1973 à Lyon et vit en Auvergne. Sur Polars Pourpres, il y a accord sur l’année de naissance mais on nous dit qu’elle vit à Marseille. Peut-être est-elle passée par l’Auvergne avant de s’installer à Marseille, ou serait-ce l’inverse ?

Grâce à l’entretien qu’elle a accordé à Robert Guinot pour La Montagne, on est fixé sur la petite énigme précédente puisqu’elle nous apprend qu’elle est passée par Marseille avant de s’installer en Auvergne. Ouf, énigme résolue ! Mais pour le reste, l’entretien évoque ce qui nous intéresse le plus, son parcours autour de l’écriture. L’approche qu’elle en a. Pour connaître encore mieux sa manière de l’appréhender, il y a également son entretien avec Cassiopée sur le site Un Polar Collectif.

 

Il ne me reste plus maintenant qu’à vous parler à mon tour de mes lectures de ses romans.

Horace McCoy sur la Toile

C’est au tour d’un des pionniers du roman noir d’entrer sur le blog.

Horace McCoy n’a pas eu la même reconnaissance dans son pays que de ce côté-ci de l’Atlantique. Il faut dire qu’il avait décidé de prendre ces compatriotes à rebrousse-poil en décrivant les laissés pour compte du rêve américain. En montrant la face cachée de ce pays qui ne voulait voir que sa réussite. En cela, il fut un auteur de roman noir et son œuvre reste une œuvre à lire.

 

Sur la Toile, le romancier paraît plus présent par chez nous mais ma recherche n’a pas été exhaustive et il a tout de même bénéficié de quelques études de son œuvre aux Etats-Unis.

L’article que lui consacre Wikipédia, tout comme celui de la République des Lettres, peuvent être une bonne entrée en matière pour se familiariser avec l’écrivain. Pour aller plus loin, le portrait qui lui est consacré sur Warner Bros est également intéressant. Mais celui qui est le plus documenté et qui pousse le plus loin l’analyse est le billet que Marc Villard a écrit sur son blog, il donne à la fois envie de lire les romans de McCoy et les livres qui parlent de l’auteur et dont il nous offre une bibliographie à la fin de son texte.

De l’autre côté de l’océan, outre la courte présentation de Good Reads, on lira avec intérêt l’article de Chris Routledge sur The Venetian Vase.

 

C’est donc à mon tour de parler des romans de McCoy, ce que je ne vais pas tarder à faire, après une courte explication sur son arrivée sur Mœurs Noires.

William McIlvanney sur la toile et dans ma bibliothèque

William McIlvanney est un romancier venu au noir après avoir débuté dans une littérature plus classique. Tâtant également de la poésie, il a été politiquement engagé toute sa vie.

Sur la toile, il est bien présent, la faute sans doute à sa disparition encore récente, le 5 décembre 2015.

L’annonce par BBC News est encore en ligne, agrémentée d’une présentation qui le qualifie notamment de “voix des classes laborieuses”. The Conversation s’était également fendu d’un article au moment de l’événement, le présentant comme un génie littéraire et socialiste. Alan Taylor avait signé une nécrologie à cette occasion pour The Herald. Un an après sa disparition, c’était son frère, Hugh, journaliste sportif, qui lui consacrait un texte, toujours pour le journal écossais.

Mais la notoriété de McIlvanney n’a pas explosé au moment de son décès, en témoignent plusieurs pages en ligne, celle que Stuart Kelly avait signé en 2006 pour The Telegraph, par exemple, à l’occasion de la sortie de Week End, ou encore celle du British Council retraçant sa vie, proposant une approche critique de son œuvre et listant les récompenses qu’il a obtenues. Enfin pour commencer à approcher son œuvre, dans sa langue maternelle, on peut aller voir du côté de Fantastic Fiction et de la bibliographie qu’il a établie le concernant.

A l’annonce de sa mort, le France n’était pas en reste, Bruno Corty signant un texte pour Le Figaro, tout comme la Culture Box de FranceTV Info. On peut leur préférer l’entretien qu’il avait accordé à Velda pour son Blog du polar et qu’elle a publié en hommage. Cela permet de s’approcher de son œuvre, de la même manière que l’article qu’avait consacré Christine Ferniot sur Télérama à la réédition de la trilogie autour de Jack Laidlaw. Après toutes ces informations, pour refaire le point sur ce que l’on peut savoir du romancier, il y a la page qui lui est consacrée sur Polars Pourpres ou encore celle sur Wikipédia.

On peut enfin noter la page qui lui rend hommage sur Facebook, un mémorial pas si courant.

C’est parce qu’il était présenté comme le “parrain” du “Tartan Noir”, ce mouvement de l’éclosion du roman noir écossais, et comme un écrivain social que j’ai ouvert ses romans, le premier d’entre eux traduits en France lorgnant sérieusement vers le roman naturaliste. Je vais bien sûr reparler très prochainement de ma lecture de ses romans.

Marc Behm entoilé malgré tout

Nouvel auteur sur Mœurs Noires, Marc Behm était un romancier discret. Au point que sa mort n’a été rendue publique que quelques temps après. Malgré ce peu de publicité autour de l’auteur, sa notoriété est là comme la Toile en atteste au travers de quelques articles qui par leur qualité témoignent de l’intérêt que lui portent ceux qui l’ont lu.

C’est Sabrina Champenois qui évoque dans un article pour Libération le décalage entre sa mort et son annonce avant de poursuivre sur une évocation de l’écrivain assez intéressante. Présentant le même intérêt, deux autres articles sont accessibles en ligne, l’un de Pascal Perrot sur Brouillons de culture, l’autre sur 13ème rue.

Un documentaire lui avait été également consacré en 1995, réalisé par Olivier Bourbeillon et produit par Paris-Brest.

Outre-Manche, il a fait l’objet de deux articles dans le Guardian, l’un de Christopher Hawtree, l’autre de l’un de ses éditeurs anglais, Maxim Jakubowski.

En ce qui me concerne, Marc Behm a d’abord été associé à Mortelle Randonnée, la seconde collaboration entre Michel Audiard, Claude Miller et Michel Serrault. Il m’aura fallu quelques années pour en venir aux romans de l’écrivain à l’origine d’autres films comme Charade de Stanley Donen ou Help de Richard Lester, celui avec les Beatles.

Après ces petites lectures pour mieux connaître l’auteur et qui dévoilent quelques intrigues (on appelle aussi ça des spoilers, non ?), donc à éviter si vous voulez garder l’attrait de la découverte, je vais vous parler des miennes concernant ses romans, à commencer par La Reine de la nuit, le premier d’entre eux.