Marc Behm entoilé malgré tout

Nouvel auteur sur Mœurs Noires, Marc Behm était un romancier discret. Au point que sa mort n’a été rendue publique que quelques temps après. Malgré ce peu de publicité autour de l’auteur, sa notoriété est là comme la Toile en atteste au travers de quelques articles qui par leur qualité témoignent de l’intérêt que lui portent ceux qui l’ont lu.

C’est Sabrina Champenois qui évoque dans un article pour Libération le décalage entre sa mort et son annonce avant de poursuivre sur une évocation de l’écrivain assez intéressante. Présentant le même intérêt, deux autres articles sont accessibles en ligne, l’un de Pascal Perrot sur Brouillons de culture, l’autre sur 13ème rue.

Un documentaire lui avait été également consacré en 1995, réalisé par Olivier Bourbeillon et produit par Paris-Brest.

Outre-Manche, il a fait l’objet de deux articles dans le Guardian, l’un de Christopher Hawtree, l’autre de l’un de ses éditeurs anglais, Maxim Jakubowski.

En ce qui me concerne, Marc Behm a d’abord été associé à Mortelle Randonnée, la seconde collaboration entre Michel Audiard, Claude Miller et Michel Serrault. Il m’aura fallu quelques années pour en venir aux romans de l’écrivain à l’origine d’autres films comme Charade de Stanley Donen ou Help de Richard Lester, celui avec les Beatles.

Après ces petites lectures pour mieux connaître l’auteur et qui dévoilent quelques intrigues (on appelle aussi ça des spoilers, non ?), donc à éviter si vous voulez garder l’attrait de la découverte, je vais vous parler des miennes concernant ses romans, à commencer par La Reine de la nuit, le premier d’entre eux.

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Paul Cain rattrapé par la Toile

Comme beaucoup des pionniers du roman noir, Paul Cain a sévi au Black Mask. Je sais qu’il s’agit là d’un raccourci pour parler des débuts du roman noir mais pour aller plus loin sur le sujet autant lire. Il y a quelques bouquins qui en parlent plus ou moins bien et qui permettent de se faire une idée sur le sujet, Le roman noir américain d’Alain Lacombe ou Le polar américain : la modernité et le mal de Benoît Tadié peuvent être de bonnes entrées en matière sur le sujet. Mais revenons à notre mouton, Paul Cain, né George Carol Sims, à la trajectoire somme toute classique, passant du roman noir (un seul) et des nouvelles pour pulp aux scénarii pour Hollywood, sans réel succès. Il aura changé de nom au passage, devenant Peter Ruric.

Moins connu que Hammett, il est beaucoup moins présent sur la Toile. Mais on peut quand même se familiariser avec son histoire en fouillant un peu.

En français, on a ainsi, pour commencer, une biographie rapide sur Polars Pourpres. L’auteur est évoqué sur Mémoires de guerre dans l’article consacré à Mirna Loy qu’il aurait conseillée pour son pseudonyme. Pour une synthèse de ce que l’on peut trouver, l’article de Wikipédia à son propos semble assez complet.

Cet article de l’encyclopédie citant notamment deux sources intéressantes en anglais. L’une sur Detnovel.com de William Marling, l’autre sur Blackmaskmagazine.com retranscrivant une introduction à une anthologie sur l’auteur, introduction signée Boris Dralyuk et constituant a priori le texte le plus complet sur la vie de l’écrivain.

Voilà tout ce que l’on peut trouver sur un auteur discret d’une œuvre réduite mais faisant parti des précurseurs du roman noir. Je vous parle prochainement des deux livres traduits chez nous, un roman et un recueil de sept nouvelles.

Duane Swierczynski sur la Toile

Swiercynski est apparu dans le paysage du polar il n’y a pas si longtemps. En 2005 paraissait son premier polar, pour ce qui pourrait nous intéresser.

Sur la toile, il n’est pas non plus omniprésent, ayant même tendance à se faire plus discret au fur et à mesure. Plus discret personnellement, laissant les autres parler de lui un peu plus au fur et à mesure.

Scénariste de comics, on le trouve tout naturellement du côté des sites spécialisés dans le domaine de la bande dessinée. Ainsi, sur Canal BD et sur BD.net, on trouve sensiblement les mêmes informations sur son travail dans ce type de fiction, au point de se demander s’il ne s’agit du même site. Ce travail de Swierczynski nous est confirmé également dans son pays, directement, notamment sur le site de Marvel.

Pour ce qui nous concerne et les livres que nous prisons plus, une page à propos du romancier existe sur Polars pourpres, une autre sur Zone livre et, bien sûr, sur l’incontournable encyclopédie collaborative.

Pour aller plus loin, du côté anglo-saxon, on trouve un entretien sur Stay Thirsty, un autre sur Mystery People. Il y a aussi une page sur l’autre site incontournable, Fantastic Fiction.

Mais comme malgré tout, on n’est jamais mieux servie que par soi-même, notre curiosité peut être satisfaite grâce à l’auteur lui-même, au travers de son agent, de son compte Twitter ou de sa page de présentation personnelle sur son ancien blog.

 

Je vais bientôt m’y mettre aussi et présenter ses romans après avoir parlé de ma rencontre avec son œuvre.

John Le Carré pris dans la Toile

John Le Carré est apparu bien avant le web mais il a été rattrapé par le réseau. La parution d’un ouvrage récent, Le tunnel aux pigeons, des mémoires, n’y est pas pour rien. Sa notoriété non plus.

A propos de ce dernier ouvrage, recueil d’histoires autour de sa vie plutôt qu’autobiographie, il y a pléthore d’articles. Hubert Artus chez Marianne en a parlé ici, Claude Grimal sur En attendant Nadeau , John E. Jackson pour Le Temps dans cet article, Philippe Lançon pour Libération dans celui-ci et, outre-Manche, Luke Harding dans celui-là, qui présente l’intérêt supplémentaire d’offrir la lecture d’un extrait d’Un traître à notre goût par Damian Lewis.

Puisqu’il s’agit d’un ouvrage biographique, vous en saurez plus sur l’auteur à travers la lecture de ces pages. John Le Carré, pseudonyme de David Cornwell, y a cédé quelques secrets.

Pour aller plus loin dans la connaissance du romancier qui a permis au roman d’espionnage de ne plus être seulement une littérature de genre, on peut consulter d’autres sites.

Dans la langue de Molière, une visite de l’endroit où il vit nous est proposée par François Busnel pour L’express. Bruno Corty parcours son œuvre pour Le Figaro. Son éditeur, Le Seuil, en marge de la parution du fameux dernier bouquin, nous offre une lecture de sa préface par John Le Carré lui-même. Et enfin, après une anecdote de Bernard Pivot concernant une cravate, on peut lire aussi un entretien accordé à François Armanet et Gilles Anquetil pour le Nouvel Obs.

Dans la langue de Shakespeare, deux entretiens de grande qualité sont publiés l’un, accordé à Philipp Sands, par le Financial Times, l’autre, accordé à George Plimpton, par The Paris Review.

Pour finir, et toujours en anglais, David Denby s’est posé la question, pour The New Yorker, de quel est le meilleur roman de l’écrivain.  Un écrivain qui comme beaucoup de ses collègues anglo-saxons possède son site officiel.

Si après ça, vous voulez encore en apprendre sur John Le Carré et surtout sur son œuvre, il vous suffit d’attendre un peu et je vous parle de mes lectures de ses romans très prochainement.

Tim Dorsey en léger différé de Floride

Aujourd’hui, j’entame le parcours de l’œuvre d’un nouvel auteur, un auteur hors norme, inclassable, comme la plupart des auteurs que j’ai abordés jusqu’ici, d’ailleurs. De mon point de vue, en tout cas… Un auteur qui vaut le détour et qui paraît pourtant ne pas avoir convaincu tout le monde de ce côté-ci de l’Atlantique, à commencer par les éditeurs qui nous font languir de plus en plus à chaque roman. On est passé d’un an pour traduire le premier roman à dix pour le dernier, alors que les romans continuent de paraître au rythme de un par an aux Etats-Unis ! Résultats, un retard de dix bouquins…

C’est pourtant un auteur qui fait parler de lui et qui ne se cache pas !

Il a ainsi accordé des entretiens à Steve Glassman sur son site, à Connie Ogle pour le Miami Herald ou encore à Richard McKee dans son livre Florida crime writers : 24 interviews.

En plus des entretiens, il a fait l’objet de plusieurs articles accessibles en ligne. Comme par exemple, celui qui lui est consacré sur Daily Kos par labwitchy. Fantasticfiction lui a consacré une page avec bibliographie et quelques petits plus. Tim Dorsey s’est même exposé davantage, racontant à Valerie Schremp Hahn du St Louis Post Dispatch l’acquisition d’une maison en pierre qui représentait quelque chose de particulier pour sa femme, ou rendant hommage à l’un de ceux qui l’ont inspiré, en l’occurrence John D. McDonald.

En France, il est également présent, évoqué. Ainsi, il a son entrée sur l’encyclopédie collaborative, une page dans le dossier consacré aux polars poilants par la librairie Sauramps ou encore chez k-libre. Il a même son défenseur national reconnu et motivé… Un défenseur, blogueur, qui a, par deux fois, défendu la cause dans Marianne, en 2015 puis dans le dernier numéro spécial polar du magazine, celui d’avril 2016… vous aurez reconnu Yan Lespoux…

Et pour compléter ce tour d’horizon, on ne peut oublier le site de l’écrivain lui-même, Tim Dorsey ! Un écrivain qui mérite qu’on en parle et surtout qu’on le lise… Je vais à mon tour essayer de partager le plaisir qu’il y a à le lire en parcourant son œuvre après avoir rapidement parlé de ma rencontre avec ses romans.

John King sur la vaste toile

On sait de John King qu’il est né en 1960 à Slough. Pas grand-chose d’autre mais, après tout, le plus important reste ce qu’il écrit et, en plus de ses romans, on peut retrouver sa prose et son opinion sur la toile… C’est un écrivain qui s’exprime et qui explique ce qu’il pense, ce qu’il fait. Même s’il reste rare, il y a quelques pages intéressantes le concernant, offrant, de plus, un écho à l’actualité des derniers jours, tant sur le football et l’Euro que sur la sortie de la Grande-Bretagne de l’Union Européenne dont il était l’un des partisans (de la sortie pas de l’Union Européenne).

Les inévitables articles sur l’encyclopédie collaborative donnent un premier aperçu de l’écrivain. Il y en a un en français et un autre en anglais, un peu plus fourni.

Ensuite, à l’occasion de sa venue à la médiathèque de Surgères, celle-ci s’est fendue d’une présentation de l’auteur, présentation rapide.

John King a écrit sur le foot et il continue à s’y intéresser, il n’hésite pas à s’exprimer sur ce sujet et est mis en avant à l’occasion de l’Euro qui se déroule ces jours-ci dans notre pays… Il s’exprime su l’évolution de ce sport, de son point de vue de supporter, dans un entretien accordé à Mickaël Caron pour le JDD et dans un article signé Franck Berteau paru dans Le Monde. Pour continuer sur son opinion sur le football, Just Another Teenage Rebel a publié en mars un article datant de 2012 et signé de l’écrivain. Il a également réagi aux affrontements autour du match Angleterre-Russie le mois dernier sur délibéré, prologue.

Pour en revenir aux autres aspects de son œuvre, John King avait accordé à Mathieu Léonard, en 2014, un entretien à l’occasion de sa venue au festival “En première ligne” d’Ivry-sur-Seine, il est publié sur CQFD avec le concours de Daniel Paris-Clavel. Un autre entretien, tout aussi intéressant et en V.O., nous est proposé sur P.B.G. par Peg et Benoît.

Pour finir et mieux connaître encore cet auteur, vous pouvez le lire sur NewStatesman, l’ensemble de ses textes y est proposé en ligne. Et un dernier entretien recueilli par Sylvain Levene est proposé par Vice.

Tout cela donne une idée plus précise de l’auteur qu’est John King. Je vais maintenant m’atteler également à vous présenter son œuvre après être revenu sur ma rencontre avec celle-ci.

James Salter, souvenirs et conversations entoilés

Né en 1925, dans le New Jersey, James Salter est décédé il y a maintenant presqu’un an dans sa maison des Hamptons… On pourrait croire qu’il n’a pas beaucoup bougé, qu’il est juste allé d’un côté de Long Island à l’autre, mais ça n’est pas vraiment le cas… Et c’est ce que n’ont pas manqué de nous rappeler tous les articles qui lui ont été consacrés à l’occasion de sa disparition. Ça et son talent.

La première approche que l’on peut avoir pour mieux connaître l’écrivain est celle qui nous est proposée par l’encyclopédie collaborative en ligne Wikipédia. Il y a ensuite la courte biographie de son éditeur français, les Editions de l’Olivier, courte biographie accompagnée de sa bibliographie.

Les tributs s’étant multipliés lors de son décès, il y a ensuite pléthore d’articles intéressants. Parmi eux, le court hommage de la librairie Mollat, qualifiant son parcours de “glorieux” en référence à l’un de ses romans, enrichie de la liste de ses bouquins qu’il est possible, d’ailleurs, de commander en ligne. Ce sont ensuite les médias reconnus, institutionnels, ayant développé une offre en ligne par la force des choses, qui se sont fendus de textes parfois intéressants. Parmi ceux-ci, celui du JDD, signé Marie-Laure Delorme, d’une grande justesse, est à lire. Celui du Monde a ceci d’intéressant qu’il propose un lien vers un autre article, de Jérôme Ferrari, et une citation sur la manière d’écrire de l’auteur, assez savoureuse. Dans BibliObs, l’article signé Didier Jacob nous offre un entretien avec l’auteur à propos de son dernier roman Et rien d’autre. L’article écrit par Pierre Maury dans Le Soir est également celui d’un lecteur admiratif du romancier, à tel point qu’il a également publié, à ce sujet, un texte d’une grande qualité sur son blog, Le journal d’un lecteur. Eric Neuhoff, à l’instar des précédents, a également rendu un hommage sensible à l’auteur dans Le Figaro.

James Salter a aussi accordé quelques entretiens, outre celui du Nouvel Obs, évoqué plus haut, il faut également lire celui qu’il a accordé à Alexis Broca et Arnaud Laporte pour Le magazine littéraire, et celui qu’il a eu avec Nelly Kaprièlian pour Les Inrocks. Pour les plus courageux et les moins rebutés, on peut réécouter l’émission Répliques d’Alain Finkielkraut dans laquelle il avait invité Beigbeder et Neuhoff pour parler de l’écrivain.

On voit que James Salter a suscité l’admiration chez certains romanciers, ses semblables ou ceux qui espèrent un jour approcher son talent… Il en est de même de l’autre côté de l’Atlantique. Ainsi, sur le site American Short Fiction, trouve-t-on les témoignages de certains auteurs états-uniens parmi lesquels George Pelecanos. Sur Men’s Journal, Michel Schaub nous propose une sélection de romans de Salter. Dans Esquire, Alex Bilmes semble regretter que le romancier ait été si peu lu. Dans The Guardian, c’est Michael Carlson qui, dans son texte, retrace sa vie, celle d’homme et celle de romancier. C’est au tour de Louisa Thomas, dans Grantland, d’apporter sa contribution, son témoignage, elle qui est la petite-fille du premier éditeur de Salter et à qui il avait demandé d’écrire sa nécrologie… Dans Vanity Fair, James Wolcott souligne la constance de l’auteur, son dévouement à ce qu’il considérait comme la littérature, ne déviant pas de la qualité et de l’exigence qu’il voulait y mettre.

Enfin, si vous voulez lire un peu de cet auteur ou connaître sa vision du métier d’écrivain, il faudra attendre qu’un éditeur français veuille bien traduire les Conversations with James Salter ou peut-être l’est-il déjà sous le titre Tout ce qui n’est pas écrit disparait, que je n’ai pas encore lu. Pour patienter, vous pouvez l’entendre témoigner de son travail sur le scénario de Downhill Racer avec Robert Redford. Vous pouvez également le lire directement racontant sa rencontre avec un autre grand romancier, peut-être l’un des plus grands du vingtième siècle, Vladimir Nabokov.

Après avoir évoqué ma rencontre avec son œuvre, je parcourrai très bientôt celle-ci, en espérant vous donner envie de le lire.