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René Belletto, L’Enfer

Si vous avez manqué le début (4ème de couv’)

Parfois, on se sent comme loin de la vie. Si loin qu’on pense même à…

Michel Soler, seul dans une ville déserte et terrassée par l’été, en est à ce point d’éloignement.

Désespérément disponible, et prêt à tout…

Et soudain TOUT lui arrive.

Il est jeté dans une machination de terreurs, de violences, de morts et d’amours qui sont de ce monde, et qui n’en sont pas. Mais son indifférence et sa tendresse, sa folie et son humour à périr dans les ricanements le font échapper aux pièges infernaux.

A moins qu’ils ne l’y précipitent…

Les dix premières lignes

J’entrepris d’écrire, à l’intention de ma mère adoptive, une lettre de suicide, que j’enverrais peu avant de me donner la mort, dans trois jours, une semaine, un mois, je ne savais, mais enfin ce serait chose faite, je veux dire écrire cette lettre.

Explications, remerciements, pardon sollicité, je t’embrasse et je t’aime, Michel.

Deux feuillets et quart d’un discours et d’une écriture d’outre-tombe, mais assez soutenus, allants, compacts, quasi allegro à leur façon, au début j’eus un peu envie de pleurer, au milieu beaucoup, je faillis poser mon front sur mes bras repliés et m’abandonner à des sanglots, de ceux qui font trépider l’abdomen et l’endolorissent.

Un commentaire personnel

Il fait chaud, Lyon est déserté en ce début de mois d’août et Michel est désespéré. On ne saura pas d’où vient ce désespoir, de la vie peut-être tout simplement. Un désespoir élégant, tellement profond, qu’il le ponctue d’un humour irrésistible. Un désespoir tel qu’il va l’emporter, lui faire frôler la mort, la folie, l’amour, l’horreur.

Conclusion de la « trilogie lyonnaise » de Belletto. Conclusion en forme d’apothéose. On croise au détour d’une phrase les héros des deux précédents opus. On croise un écrivain, auteur de deux romans Que notre règne arrive et Le fantôme, échos aux deux premiers opus de la trilogie, Sur la Terre comme au Ciel et Le revenant, et le livre attendu du double de Belletto s’intitule Le royaume des ombres. Belletto se lâche et multiplie les clins d’œil. On suit un homme d’une trentaine d’années, comme pour les deux précédents opus, un homme amateur de musique, pianiste quand les deux autres étaient guitaristes, un lyonnais désespéré et se laissant emporter par les événements. Sauf que cette fois, les événements qui l’emportent, il les provoque, sa folie les provoque… Et les phrases deviennent folles avec lui. On suit un homme. On voit un enfant qui prend de l’importance, comme pour le premier volume. Un enfant inquiétant, pas forcément innocent, mais beaucoup moins que les adultes qui peuplent la ville vidée de sa population habituelle. La folie et la violence couvent. Chez les autres aussi. Tout cela ne peut que plonger dans l’horreur.

Belletto conclut sa trilogie et va passer à autre chose. La machine, son roman suivant, ira voir du côté de la science-fiction, de l’échange d’identité. Mais certain des thèmes reviendront, l’horreur, la violence, l’innocence d’un enfant pulvérisée. Le désespoir.

Vous avez aimé… vous aimerez peut-être

Les deux autres opus de la trilogie, qu’il faudrait lire avant celui-là, Le revenant et Sur la Terre comme au Ciel.

D’autres auteurs désespérés et drôles, comme Pagan.

Tous les auteurs de romans noirs, Belletto étant une excellente introduction à ce genre littéraire.

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