Léo Malet, Nestor Burma et les retombées de la guerre

En 1949, quelques mois après Gros plan du macchabée, paraît une nouvelle enquête du détective de l’agence Fiat Lux, Les paletots sans manches.

 

Alors qu’il baguenaude dans les environs de Sceaux, en attendant l’heure exacte du rendez-vous fixé par un nouveau client, Burma laisse échapper sa toute nouvelle pipe, à tête d’indien. Elle tombe dans une décharge dans laquelle il découvre un cadavre, celui d’un arabe dont la puanteur est plus forte que ne devrait l’être un cadavre ordinaire. Les paletots sans manches (SEPE, 1949)Obnubilé par le client qui l’a contacté, le détective décide de ne pas s’attarder, c’est que celui qui lui a donné rendez-vous semble, d’après les renseignements qu’il a obtenu et la demeure impressionnante où il l’attend, posséder une fortune certaine. Et Burma est toujours attiré par ce qui peut lui rapporter.

Gérard Flauvigny, riche industriel, quelque peu éprouvé par l’épuration de l’après-guerre, s’inquiète pour son fils, Roland. Ce dernier fréquente, d’après sa sœur, un endroit ayant mauvaise réputation, l’Antinéa, une boîte de nuit tenue par des arabes. Ce que lui verse le patron, pour lequel même Burma a bossé à un moment de sa vie, motive particulièrement celui-ci. Malheureusement, accompagné d’Hélène, il découvre bien vite que Roland a passé l’arme à gauche. Un accident, le gaz qui s’est échappé alors que ce dernier était enfermé dans sa chambre parisienne sous les toits dans un état second, dû à l’absorption de haschich.

De retour chez Flauvigny, accompagné de son médecin traitant, Burma informe son client de la triste nouvelle et décide avec son accord, et une petite rallonge, d’enquêter sur ceux qui ont fait du fils tant aimé un drogué. La descente de Burma dans la boîte de nuit, alors qu’il essaie de passer inaperçu, est rapidement repéré… drogué, il vit une fuite hallucinée, parvenant à semer ses geôliers sans bien comprendre comment. Il se réveille dans le lit de la fille de Flauvigny, Joëlle, et apprend bientôt que c’est le médecin de ce dernier qui est mort dans la nuit… une demi-surprise puisque Burma, dans son évasion délirante, en avait eu des visions…

 

Comme d’habitude, l’intrigue est menée tambour battant. Les rebondissements se succèdent et Burma, entre deux verres et deux bouffardes, est entraîné dans ce maelström plutôt qu’il ne domine la situation. Ses suppositions se succèdent en étant systématiquement battus en brèche par les événements suivants.

Après plusieurs intrigues situées pendant la guerre et quelques-unes juste avant, Léo Malet évolue et passe cette fois dans l’immédiate après-guerre. La place qu’il donne aux arabes et le vocabulaire employé pour les désigner rend quelques passages nauséabonds, surtout après la lecture de son roman précédent, Le soleil n’est pas pour nous. Mais on découvre rapidement que le cadavre découvert dans la décharge n’est pas inconnu du détective et qu’il y a là une autre motivation pour celui-ci à poursuivre son enquête, en plus de l’envie de soutirer le maximum à son client. Les arabes ne sont pas que des truands, ils sont aussi les victimes d’un trafic lié à leur envie de connaître la France, une vague migratoire qui peut en rappeler de plus récentes ou carrément actuelles. Le prix à payer pour arriver jusqu’en métropole est particulièrement élevé et Malet dresse un portrait peu ragoûtant des profiteurs de cette période, continuant, pour certains, sur des années de guerre qui les ont porté à la tête de divers trafics.

Le roman n’a rien d’une thèse ni d’une démonstration, il s’inscrit juste pleinement dans la réalité de l’époque, comme Malet a su jusqu’ici si bien le faire. Les travers de la société sont pointés sans tabous mais avec force rebondissements et dans le cadre d’une intrigue rocambolesque, frisant souvent l’invraisemblance, mais le romancier nous a également habitués à cet univers…

 

Hélène prend une importance qu’elle n’avait pas jusqu’ici dans la résolution de l’énigme, Reboul, le collaborateur manchot de l’agence Fiat Lux, confirme son retour au premier plan et Faroux constitue l’un des ressorts incontournables du roman. Marc Covet, l’ami journaliste est un peu en retrait, contrairement aux dernières enquêtes. Et Malet poursuit dans la veine qui a fait de Burma un détective marquant, peu doué pour les raisonnements au point que les siens sont toujours particulièrement alambiqués, attiré par le sexe opposé sans toutefois être un tombeur. Il se croit toujours plus malin que la police et finit souvent au même niveau qu’eux, sinon légèrement en retard. Il prend des risques inconsidérés, à l’aune de raisonnements pas toujours judicieux. Bref, tout cela forme un ensemble qui rend l’univers des Nestor Burma attachant, réjouissant. En ajoutant que le ton employé par le détective pour nous raconter ses aventures est léger, il s’écoute parler et nous gratifie de nombres de bons mots qui nous offrent une récréation à chaque fois qu’on ouvre un des bouquins le mettant en scène. Celui-ci particulièrement.

 

L’année suivante, la publication du Burma prévu, Direction cimetière, est annulée du fait de la liquidation de la maison d’édition qui devait s’en charger. Cette aventure ne paraîtra qu’en 1969 sous le titre Un croque-mort nommé Nestor.

Avant de donner un nouvel élan à sa série en en faisant “les nouveaux mystères de Paris” et d’abandonner progressivement les différents pseudonymes sous lesquels il a publié au cours des années 40, Malet publie une nouvelle mettant en scène Burma, Pas de veine pour le pendu, d’abord titrée Entreprise de transports pour “Mystère Magazine”.

C’est une nouvelle rapide, rythmée, et qui nous présente Burma sous un jour nouveau. Alors qu’il a rendez-vous avec un client, il le découvre pendu dans sa cabane au fond du jardin. L’enquête est confiée à la police de Sceau et l’inspecteur Lepetit. Un enquêteur avec lequel notre détective ne s’entend pas d’entrée de jeu, celui-ci étant trop sûr de lui, trop épris de certitudes. Et c’est un Burma faisant profil-bas mais suivant son idée que nous découvrons. Un Burma qui s’avérera en fin de compte avoir raison… plutôt inhabituel pour lui. Quasiment antinomique. Il nous offre là le profil habituel de ses collègues, ceux présents dans tous les romans du genre et perd de sa singularité.

C’est au final une enquête très classique et singulière au point d’en être presque banale.

 

Avant de se lancer dans “les nouveaux mystères de Paris”, Léo Malet signe un dernier roman one-shot avant longtemps, Enigme aux Folies-Bergères.

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Léo Malet, André Arnal, Gina, et la fatalité

En 1949, entre deux enquêtes de Nestor Burma, Gros plan du macchabée et Les paletots sans manches, paraît le deuxième opus de la “trilogie noire” de Léo Malet, Le soleil n’est pas pour nous. Il y dépeint une nouvelle fois la condition des laissés pour compte en s’inspirant de sa propre expérience.

 

1926, à la prison pour mineurs de la Petite Roquette, le réveil est ponctué des cris des enfants jaillissant des cellules. L’ambiance retombe dès que les gardiens réagissent. Deux mois qu’André, le narrateur, est enfermé là. Il a été embarqué par une patrouille alors Le soleil n'est pas pour nous (Editions du Scorpion, 1949)qu’il dormait sous le pont Sully, emmené à la Petite Roquette pour faits de vagabondage. Il est au bord de la folie, l’enfermement et la proximité des autres ne lui réussissant décidément pas.

Il est finalement libéré, un non-lieu prononcé à la suite d’une lettre de son oncle, unique membre restant de sa famille. Sorti en même temps que Fernand, arrêté après avoir volé sa mère pour mené quelques jours la belle vie avec Odette. Ils errent ensemble, réfléchissant à un endroit où dormir. Devant les réticences d’André à “écorner ses cinquante balles”, Fernand décide qu’ils dormiront chez lui, chez sa mère. Il lui achète des fleurs et demande à son compagnon de l’attendre sur le trottoir. Soudain, André voit une femme défenestrée atterrir sur le trottoir et Fernand à la fenêtre lui balançant le bouquet. Il s’enfuit en vitesse, se retrouve aux halles où la police vient rarement faire des descentes. Dans un troquet, il échange avec Milo, un homme venu là pour embaucher, cherchant à ajouter quelques revenus à ceux qu’il a déjà avec son boulot de jour. André lui confie que c’est peine perdue et Milo l’invite à venir le voir parce qu’il y a du travail dans l’entreprise où il est salarié. C’est ainsi que le garçon de seize ans se retrouve à travailler pour les établissements Debêche, une fonderie, et à loger au foyer Végétalien. Presque sorti de sa condition de vagabond, de clochard. Mais bien vite Milo lui apprend qu’il a entendu que l’entreprise ne le garderait pas, il lui suggère alors une arnaque à l’accident de travail, le macadam.

De nouveau sans occupation, touchant quand même quelques temps l’argent de l’assurance pour son accident du travail, André rencontre Fredo, un jeune logeant dans la cité Jeanne d’Arc, un endroit qui a tout du taudis, uniquement peuplé de miséreux. Parmi eux, la sœur de Fredo, Gina, lui tape dans l’œil. Une attirance irrépressible. Et même si Fredo les empêche de se rapprocher, il n’y parvient pas…

 

C’est un adolescent décidé que nous décrit Léo Malet. Décidé à travailler quand il sort de prison mais bien vite rattrapé par sa condition et l’image qu’en ont les autres, décidé à vivre son amour avec Gina mais bien vite confronté à des réalités sordides.

Pourquoi la misère se transmet-elle, comme un héritage, le plus sûr des héritages ?… Pourquoi ne peut-on jamais s’en sortir ?

Un adolescent qui lutte et qui observe, ne pouvant pas non plus éviter les certitudes sans fondement, nauséabondes, les arabes, sous sa plume, sont des “bicots” ou des “krouïa”. Ils ne peuvent être que mauvais. Un racisme qui semble partagé par beaucoup. Par l’auteur puisqu’il s’inspire d’un moment de sa vie ? Et qui tend à nous empêcher d’éprouver de l’empathie pour André. Une époque, un milieu, peut-être…

C’est un roman noir, désespéré, résigné. S’enfonçant petit à petit. Une trajectoire qui conduit inexorablement à la chute.

 

Léo Malet se livre, s’inspirant d’une période de sa vie, de sa montée à Paris, de son incarcération à la prison de la Petite Roquette, du foyer Végétalien où il a vécu, des petits boulots qu’il a fait. Il se livre et nous livre sûrement aussi certaines analyses qui lui sont propres et qu’il revendiquera plus tard, comme ce racisme tellement assumé dans ce bouquin. Ce que j’avais pris à la première lecture comme un témoignage d’une époque, la description distanciée de marginaux et de leurs travers, ne l’est peut-être pas tant que ça.

Malet nous offre un roman sincère, nauséabond, décrivant une société qui ne l’est pas moins, où la destinée de chacun en fonction de sa naissance semble inéluctable.

Lorsque la mistoufle te tient, elle te lâche pas comme ça… Faudrait un miracle pour en sortir… Le malheur, c’est qu’il y en a parmi nous qui y croit, aux miracles… Nous formons peut-être la Cour des Miracles, mais ça s’arrête là… Bon Dieu ! La misère est indécrottable… C’est pas pour rien qu’on l’appelle la merde… Tu peux te laver, il t’en reste toujours une vague odeur ou des particules dans les ongles ou les plis de la peau… Pire qu’un vidangeur. Vacherie de sort ! Tu crois te sauver et tu t’accroches toujours à des points d’appui qui foirent et tu retombes plus empanissé qu’avant… Comment veux-tu que le clochard se relève ?

 

Quelques mois après ce deuxième volet de la “trilogie noire”, Léo Malet revient à Nestor Burma avec Les paletots sans manches, contenant encore quelques relents de ce racisme qu’il vient de nous dévoiler. Il faudra attendre vingt ans pour lire le dernier opus de cette trilogie, Sueur aux tripes, pourtant écrit dans la foulée de celui-ci.

Léo Malet, Nestor Burma fait son cinéma

En 1949, paraît la cinquième ou sixième aventure du détective parisien, Gros plan du macchabée. Cinquième ou sixième selon que l’on prend en compte ou pas Coliques de plomb, paru l’année précédente mais retravaillé par la suite pour devenir en 1971 Nestor Burma court la poupée. Je parlerais de cette réécriture et non de la première version ; pour le blog, il s’agit donc de la cinquième apparition de Nestor Burma. Sans compter la nouvelle Solution au cimetière publiée en 1946 dans “Images du monde”.

Quelques mois après Le dernier train d’Austerlitz, sans Burma, et Le cinquième procédé, avec, Léo Malet signe un nouveau roman. D’abord intitulé par l’auteur Un certain Nestor Burma, parce qu’il s’agit chronologiquement de la première enquête de son personnage, il est retitré par l’éditeur sans doute pour mieux convenir à l’image de la série. Léo Malet y renoue non seulement avec le fondateur de l’agence Fiat Lux mais également avec un milieu qu’il a fréquenté, celui du cinéma. Il y a été en effet plusieurs fois figurants, pour Marcel Lherbier, Claude Autant-Lara, Marcel Carné, Pierre Prévert ou encore Louis Daquin, avant d’y intervenir, dans les années qui suivront, en tant que scénariste ou auteur de l’histoire originale.

Lors de sa sortie, ce court roman est accompagné d’un autre comprenant encore moins de pages, Hélène en danger.

 

Nestor Burma ne se reconnaît pas en se regardant dans le miroir. Transformé par un maquilleur russe, il se fait peur. Dans le même temps, l’habilleuse s’affaire autour de Julien Favereau, la vedette du grand écran, dans la loge duquel la présence du détective Gros plan du macchabée (SEPE, 1949)est autorisée, pour la bonne raison qu’il a été engagé par l’acteur pour sa protection à la suite de menaces épistolaires. Curieusement, ce dernier ne semble redouter qu’on attente à ses jours que dans le studio… mais Burma n’a qu’à peine le temps de s’interroger sur cette bizarrerie et de s’en entretenir avec son client que celui-ci meurt sous ses yeux dès le tout début du roman.

Alors qu’il prévient la police, un autre figurant vient utiliser l’un des taxiphones à côté du sien. Il s’empresse de révéler lui aussi la nouvelle et Burma comprend que, tout comme lui, il exerce un autre métier. Les présentations se font devant un verre, rempli d’un liquide que ni l’un ni l’autre ne dédaigne… le journaliste s’appelle Marc Covet, celui que nous connaissons bien. Il s’agit là de leur première rencontre.

La police arrive ensuite, elle rencontre un Nestor Burma pas encore connu et dont elle ne se méfie pas pour le moment. Le commissaire Petit-Martin est chargé de l’enquête et la mène en compagnie du détective à l’orée de sa carrière.

Julien Favereau n’est pas mort de mort naturelle, l’empoisonnement est bientôt attesté par le médecin-légiste et Burma et Petit-Martin suivent toutes les pistes, s’égarant systématiquement dans de fausses déductions. Il faut dire qu’ils ont de quoi faire, Favereau était aussi détesté de ceux qui travaillaient avec lui qu’il était adoré des midinettes.

… j’avais commencé à comprendre que Favereau était une teigne à qui le plus doux des hommes aurait préféré offrir un verre d’arsenic plutôt que de le voir crever de soif.

C’est une aventure sympathique que nous offre là Léo Malet. Les bons mots de son narrateur-détective sont déjà présents, sa vantardise aussi. Une aventure sympathique, rapide, qui n’a pas l’épaisseur d’autres enquêtes même si l’écrivain ne recherche pas cela, l’épaisseur, avec les intrigues qu’il fait vivre à son personnage récurrent.

Nous visitons les coulisses d’un tournage de cinéma, rencontrons les différents métiers qui y sévissent et nous immergeons dans l’atmosphère d’urgence qui peut y régner. Marc Covet et Nestor Burma y font connaissance, s’imbibent comme il se doit, et l’agence Fiat Lux n’existe pas encore. Cet aperçu d’un Nestor Burma avant l’heure est le côté le plus intéressant du bouquin, pourvu qu’on s’intéresse au personnage.

La conclusion est comme souvent rapide et dénuée de morale… très humaine…

 

Avec ce court roman, ce que l’on appellerait maintenant une novella vient en bonus, Hélène en danger. Comme pour Solution au cimetière, le format court semble particulièrement adapté au dynamisme inhérent à la série.

Hélène Châtelain, la fidèle secrétaire de l’agence Fiat Lux, se trouve au cœur de l’intrigue qui débute, comme pour Nestor Burma contre CQFD par le souci de se procurer du tabac. Nous sommes en février 1944 et la guerre s’éternise, le débarquement tant annoncé se fait attendre et il faut trouver des moyens de se procurer le nécessaire, qui passe pour le détective par sa pipe et du café.

L’aventure, qui marque le retour de Reboul, pousse Burma à s’inquiéter pour sa secrétaire, d’abord emprisonnée par la Gestapo puis au cœur d’un piège qu’il parvient à déjouer en ne comprenant les tenants et les aboutissants de l’aventure qu’en cours de route, comme d’habitude. Situer l’intrigue dans un passé immédiat et une époque difficile donne un intérêt supplémentaire à l’histoire. Léo Malet semble décidément dans son élément quand il se coltine à une réalité qu’il a vécue, marquante… il nous l’avait déjà prouvé, il nous le confirme ici.

C’est une bonne nouvelle !

 

Alternant toujours entre ses différents pseudonymes, Malet signe de son nom dans les mois qui suivent le deuxième volet de sa “trilogie noire”, Le soleil n’est pas pour nous, puis la dernière aventure de Burma, Les paletots sans manches, avant de lui faire vivre les “nouveaux mystères de Paris”.

Léo Malet, Jean Refreger se prend pour Bill Lantelme

En 1948, Léo Malet publie sous son nom, après La vie est dégueulasse et Le cinquième procédé, un troisième roman, Le dernier train d’Austerlitz. Il s’éloigne pour un temps de son détective vedette pour nous offrir une récréation autour des rapports d’un romancier avec son héro, entre autre.

 

1938, Jean Refreger est à la morgue pour reconnaître un corps. Même s’il n’en reste plus que le tronc, il identifie formellement la victime, Karl Verden, mais le juge chargé du dossier a également vu une autre personne l’ayant identifié comme quelqu’un d’autre. Le dossier semble dans une impasse et devant la réaction de Refreger, le magistrat lui Le dernier train d'Austerlitz (SEPE, 1948)conseille s’il tient vraiment à la vérité de mener lui-même l’enquête.

Quelques années plus tard, Refreger est en plein travail, l’écriture de son nouveau roman. Comme d’habitude, il en connaît déjà le titre, La Triple énigme d’Auteuil, mais découvre l’intrigue au fur et à mesure qu’il avance même s’il sait et s’est noté quelques éléments qu’il y intégrera. Tout cela est interrompu par l’arrivée d’une lettre de sa femme partie du côté du Loir-et-Cher, leur fils est malade et en ces temps de guerre finissante, nous sommes début août 1944, il est difficile de trouver des médicaments. Refreger décide de les acheter lui-même, mais il constate très vite que les envoyer sera délicat, la poste ne fonctionnant plus sereinement avec l’avancée des alliés et la débandade allemande. Il se résous à les amener lui-même. Pour cela, il lui faut d’abord taper quelques connaissances afin d’obtenir de quoi se payer le billet de train.

Renonçant au billet donné par Suzanne Bertin  après que la conversation se soit transformée en dispute, il obtient un peu de Marcel Lepain à qui il doit pourtant déjà pas mal puis s’en va négocier avec son éditeur et parvient à prendre le dernier train au départ d’Austerltitz. Une fois installé, il nous apprend, puisque c’est lui le narrateur, qu’il a également voulu récupérer l’argent que lui devait Baratet mais qu’arrivé chez lui, c’est son cadavre qu’il a découvert. Poignardé dans le dos. Son périple en train, dans cette période troublée, ne se déroulant pas aussi paisiblement qu’en d’autres temps, quand le service public signifiait encore quelque chose, sans lien avec le bénéfice ou la rentabilité, détaché du capital, Refreger doit dormir dans une gare, cherchant le coin le plus calme, il tombe nez à nez, pour ainsi dire, avec le cadavre de Suzanne Bertin, tuée de plusieurs balles dans le dos, un tableau roulé à la main. Œuvre qui ressemble étonnamment à du Renoir.

 

De retour à Paris après quelques jours et dans l’ambiance de la libération, Refreger se voit proposer par son éditeur de mener l’enquête sur les assassinats qu’il a découverts. Ça pourrait faire un bouquin particulièrement intéressant. Etant donné l’avance qu’il lui propose, le romancier ne peut pas dire non… et c’est parti pour une aventure pleine de rebondissements, elle n’en manquait déjà pas, menée tambour battant, dans ce style vif qui est celui de Malet. On croise de faux-FFI, des trafiquants du marché noir, des flics qui ont été résistants, d’autres qui ont tenu la baraque, la Tour Pointue, en attendant des jours meilleurs, l’un d’entre eux dénommé Jules Magrenotte, presque l’homonyme d’un commissaire célèbre.

Malet s’amuse avec une intrigue qui pourrait être légère si elle ne prenait pas place à cette époque charnière, douloureuse. L’auteur en profite pour décrire une société en plein flou, déstabilisée, cherchant un nouvel équilibre après des années destructrices et délétères.

Malet joue avec l’époque pour construire une intrigue somme toute classique, se coltinant avec les travers inavouables de son époque.

Un roman curieux… dans lequel il s’amuse aussi de son image, celle d’un auteur se prenant tout à coup pour le personnage qu’il a créé, Bill Lantelme en l’occurrence, avatar improbable d’un Nestor Burma. Il s’amuse aussi de lui-même en donnant comme patronyme à son personnage central celui de l’un des pseudos sous lesquels il écrit encore à l’époque des romans qu’il ne veut pas signer Léo Malet. Patronyme quasiment identique, à une syllabe près, de celui du personnage central du premier volet de sa “trilogie noire”, La vie est dégueulasse.

 

Roman curieux qui se lit facilement, rapidement, et permet de passer un moment agréable, divertissant.

 

L’année suivante, Malet renoue avec Burma et Gros plan du macchabée puis s’en éloigne le temps d’un roman, Le soleil n’est pas pour nous, deuxième opus de sa trilogie noire, avant d’y revenir avec Les paletots sans manches.

Léo Malet, Nestor Burma d’un côté à l’autre de la ligne de démarcation

Au cours du deuxième trimestre 1948, paraît le deuxième roman signé Léo Malet publié cette année-là. Après le “roman doux” et noir, La vie est dégueulasse, Nestor Burma est de retour dans Le cinquième procédé. Un retour après deux ans et Nestor Burma et le monstre.

 

Dans une villa aux environs de Marseille, Burma est coincé en plein milieu d’un larcin qu’il commet pour le compte d’un client. Un paquet de lettres d’amour à récupérer parce que compromettantes pour un homme marié. Le paquet ficelé en main, il n’a pas de solution de repli après le retour prématuré de Jackie Lamour, la danseuse destinataire Le cinquième procédé (SEPE, 1948)des missives enflammées et occupante de la villa. Elle n’est pas revenue seule mais malgré cela, Burma joue son va-tout et menace par surprise le couple. Après les avoir assommés, il s’enfuit. Il n’a plus qu’à rendre la commande à son client… qui n’est autre que celui qu’il a assommé pour pouvoir se carapater.

Plus lourd d’une commission substantielle et n’ayant aucune envie de s’attarder, pressé de retrouver son Paris habituel, Burma monte dans le train de nuit pour la capitale. Après une altercation avec les passagers de son compartiment, un passage de la ligne de démarcation qui ne peut être que délicat en ce début novembre 1942 et le rasage de la moustache qu’il s’était laissé poussé, suscitant davantage les regards amusés que séduits, il aperçoit de l’agitation à sa descente à Paris. Des policiers se précipitent dans un wagon dans lequel Burma se dépêche également de monter. Un cadavre gît et ceux avec qui le détective avait échangé des propos passionnés sont bouleversés de le voir. Et pour cause, le cadavre lui ressemble beaucoup, tant par les vêtements, identiques aux siens, que par sa physionomie, à la différence que le trépassé a, lui, toujours ses bacchantes. Quand Florimont Faroux débarque, il se trouve embarqué pour un interrogatoire en compagnie des homologues allemands du commissaire français.

L’identité du décédé, un croate, pousse les policiers à proposer à Burma d’accepter de passer pour la victime. C’est donc en tant que mort que le détective poursuit l’intrigue. Convaincu d’avoir été pris pour cible, il décide de retourner à Marseille pour dire à celui dont il soupçonne d’avoir commandité son exécution tout le bien qu’il en pense… Avec l’aide de Marc Covet, il trouve un moyen de repasser le ligne de démarcation, chose ardue pour un mort. Lors de son séjour dans la clinique psychiatrique chargée de lui fournir ce moyen, de nouveaux événements se déroulent… qui vont accentuer encore la motivation de Burma à poursuivre son enquête.

 

Les rebondissements tombent comme à Gravelotte. Les aventures du fondateur de l’agence Fiat Lux sont rocambolesques en même temps qu’elles s’ancrent dans une réalité bien sombre, la deuxième guerre mondiale et la lutte que se livrent les différents belligérants à la moindre occasion. L’intrigue est l’occasion d’un de ces affrontements tandis que Burma navigue d’une clinique à une entreprise de production de pâtes de fruit, de clients d’un cabaret à des extracteurs de pétrole. D’une déduction brillante, sur le coup, à une autre qui la détrône pour s’avérer ensuite tout aussi erronée. Tout y passe, y compris un jeu de chat et de souris entre les polices françaises et d’occupation…

Au milieu de tout cela, Nestor Burma tente de faire son chemin, de résoudre l’énigme dont les différents événements dont il est le témoin constituent des facettes. Sans que son esprit remarquable ne le comprenne tout de suite, bien sûr.

C’est savoureux, raconté à la première personne comme d’habitude, avec la gouaille et l’esprit du détective parisien. Contrairement à L’homme au sang bleu, l’éloignement de Paris ne nuit pas à l’intérêt de l’intrigue ni à son rythme. Epaulé de Covet, Burma trace sa route en continuant à se jouer de Faroux et en y ajoutant l’occupant.

 

Un Burma hautement recommandable !

Pour clore l’année 1948, Léo Malet signe un troisième roman, Le dernier train d’Austerlitz, sans Burma puis un avec le détective, Coliques de plomb, qui sera réécrit et de nouveau publié en 1971 sous un nouveau titre, Nestor Burma court la poupée, et dont je parlerai à ce moment-là. Pour ce qui nous concerne, le détective de l’agence Fiat Lux effectue son retour dans Gros plan du macchabée publié l’année suivante.

Léo Malet, Nestor Burma, arsenic et vieille gazette

En 1946, est publiée la quatrième aventure – quatrième et demi si l’on inclut dans le décompte la nouvelle parue au début de la même année dans Images du mondedu détective privé imaginé par Léo Malet, Nestor Burma et le monstre. Elle se déroule à Paris, un retour, et est éditée par la SEPE dans la collection “Le labyrinthe”, comme les précédentes. Il s’agit en fait de la réécriture d’un roman paru en 1942 dans la collection “Minuit” de Georges Ventillard sous le titre La mort de Jim Licking signé Leo Latimer, un des nombreux pseudos de l’écrivain.

 

Dans son agence Fiat Lux, Burma tue le temps. Sans affaire, il partage son ennui avec ses deux employés, Reboul et Zavatter, en attendant des jours meilleurs. Hélène, sa secrétaire, donne l’illusion de l’occupation. Alors qu’il vient de se décider à envoyer ses Nestor Burma et le monstre (SEPE, 1946)collaborateurs à différentes taches, Zavatter miser pour lui dans une course automobile et Reboul en savoir plus sur un journaliste, René Galzat, qui tente de lui faire de l’ombre, un garçon entre.

Jacques Bressol a quinze ans et tout d’un gangster. Il a réussi à s’octroyer le monopole de la distribution des journaux dans son quartier de Saint-Ouen. Malheureusement, il est persuadé que les petites luttes qu’il a l’habitude d’affronter ont pris de l’ampleur, deux de ses livreurs viennent de passer l’arme à gauche, deux garçons de treize ans… L’un des deux étant le fils de Ferdinand Béquet, un homme qui a involontairement sauvé la vie de notre détective, Burma s’empresse de sortir de sa torpeur estivale pour s’en aller poser des questions. Sur place, il rencontre Florimond Faroux. Chargé de l’enquête sur le deuxième mort, Jean Tanneur, ce dernier l’entraîne à sa suite.

Mais l’histoire prend un tour étrange. Le père de la deuxième victime est suspecté par la police et, alors qu’il vient d’être arrêté et qu’il commence à être interrogé, débarque quai des Orfèvres Thomas Jannet, l’avocat habituel de la mafia marseillaise et corse. Ça ne simplifie pas les choses.

Voilà Burma embarqué dans une histoire quelque peu emberlificotée. Une histoire qui en entremêle deux et qui va recouper toutes les préoccupations du moment de notre détective. La lutte avec Galzat, journaliste sans scrupule, la présence de la mafia corse et de son parrain, Paoli, et des chocolats à l’arsenic qui tuent au hasard… Dans son enquête, il croise un toubib ayant eu des théories plutôt exterminatrices dans sa jeunesse – à l’aune de celles de l’époque qui vient de prendre fin en même que la guerre -, sa belle-sœur, quelques balles et son doute habituel fait de certitudes aussitôt contredites par d’autres demi-certitudes. Zavatter, Reboul, Hélène, Faroux et Marc Covet constituent de nouveau ses acolytes, devenant récurrents.

Toujours aussi savoureuses, les sentences de Burma, empruntes d’une sagesse dont il pense être le seul à devoir s’exonérer, parsèment cette enquête rondement menée.

Quand je pense qu’il m’arrive de frôler dans le métro des citoyens qui savent qu’il existe des endroits appelés hippodromes, sur lesquels on fait galoper des chevaux montés par des espèces d’avortons nommés jockeys, et entraînés par des gars entraîneurs, et que ces citoyens se figurent candidement que ce qui fait gagner tel ou tel cheval ce sont la valeur et les pattes du solipède, il me prend une douce et méprisante envie de rigoler et je me dis que tant qu’il existera des gourdes de ce calibre, il y aura de beaux jours pour les escrocs et que, tant pis pour les couleuvres, elles continueront à se faire avaler, les pauvres !

 

C’est rapide, plein de rebondissements. Burma n’est pas le dernier à se faire avoir et à être prêt de passer l’arme à gauche avec sa manie de parler souvent et de s’exposer encore plus.

Léo Malet s’amuse et nous amuse.

 

Il faut attendre 1948 pour que de nouveaux romans signés Malet paraissent. Ils ne seront pas moins de trois. D’abord, un retour à ce qu’il appelle les “romans doux” avec le premier volet de sa trilogie noire, La vie est dégueulasse, puis un retour à Burma avec Le cinquième procédé et enfin un roman isolé, Le dernier train d’Auterlitz.

Léo Malet, Nestor Burma, Paris sous les bombes et retour en arrière

Deux ans après le premier roman signé Léo Malet, 120 rue de la gare, première apparition de Nestor Burma, et un an après le deuxième, sans Burma, L’ombre du grand mur, paraissent deux nouvelles aventures du détective, Nestor Burma contre CQFD et L’homme au sang bleu. Nous sommes en 1945, la guerre s’achève mais les deux intrigues décrivent une France qui a disparu, celle de l’occupation et celle de l’entre-deux-guerres.

 

Nous retrouvons tout d’abord Nestor Burma dans son Paris, un Paris occupé où se procurer du tabac n’est pas une mince affaire. Nous sommes en 1942, le 17 mars très exactement, quelques mois après la précédente aventure du détective. C’est Marc Covet, son ami journaliste contacté par Hélène Chatelain, la secrétaire si dévouée, qui lui a Nestor Burma contre CQFD (SEPE, 1945)dégoté un revendeur à Vanves, et, du même coup, une nouvelle enquête. Son achat effectué et tandis qu’un bombardier de la Luftwaffe rase les toits, Burma s’arrête devant la vitrine d’une librairie fermée et se fait presque bousculer par une jeune femme sortant d’un immeuble. Alors qu’il la suit, une alerte retentit, les sirènes hurlent et Burma s’apprêtant à se réfugier dans un abri est témoin d’une altercation entre un policier et la jeune femme qui refuse d’aller à l’abri…

La jeune femme n’étant pas vilaine, Nestor Burma la suit en quittant l’abri une fois l’alerte terminée, avant de se faire semer. Il est rattrapé quelques minutes plus tard par cette épisode, au fond si typique du Paris sous la guerre, quand l’inspecteur Florimond Faroux de la P.J., la “tour pointue”, l’alpague. Un meurtre a été commis lors de l’alerte, dans un immeuble proche de l’abri où Burma s’était réfugié et juste à côté de la librairie où il est revenu, attiré par le bouquin qu’il a aperçu en vitrine un peu plus tôt. La victime est un certain Briancourt et on ne l’a pas loupé, comme le dit Burma dans son style si savoureux.

Deux balles, histoire de voir ce qu’il avait dans le ventre, s’y étaient frayés un chemin et n’avaient plus voulu en sortir. La vie, dégoûtée d’un pareil voisinage, s’était enfuie par les trous qu’elles avaient fait.

Burma va alors être porté par les événements et sa curiosité. De Bois-le-Roi à son propre bureau, les rebondissements se multiplient, convoquant, pêle-mêle, une attaque, avant-guerre, d’un train contenant de l’or, un journal nauséabond, le C.Q.F.D., faisant penser au Je suis partout de sinistre mémoire, une couturière, un nain de cirque, un médecin et sa femme… Comme pour sa précédente enquête, Burma échafaude des théories qui s’effondrent les unes après les autres, il agit sans toujours être sûr de tout comprendre, mais finit par conclure ou, en tout cas, connaître le fin mot de l’histoire.

La guerre est omniprésente, sans les affrontements comme dans  120 rue de la Gare, mais avec tout ce qu’elle peut changer dans la vie de gens qui doivent continuer à vivre, qui doivent s’accommoder de nouvelles réalités, qui doivent cherche un emploi, ou se déplacer. Les alertes ne sont que des aléas d’une vie que l’on tente de mener malgré tout, et Nestor Burma s’y entend pour continuer, l’air de rien, à vivre, pour s’enticher d’une suspecte prénommée Lydia, pour mentir à Faroux ou se quereller avec Hélène, sa secrétaire si précieuse… Et tout cela dans un style qui rend les choses légères, ou s’y attache, qui nous fait sourire plus d’une fois tout en se faisant prenant quand les choses deviennent sérieuses.

Un Nestor Burma réussi !

 

La même année paraît L’homme au sang bleu. Une enquête particulière du détective, une enquête qui se distingue des autres. Une enquête qui constitue un retour dans le temps par rapport aux précédentes.

Dans cette France des années trente, pas encore en guerre, Burma débarque à Cannes après avoir été appelé par un client. A peine arrivé, il est témoin d’une fusillade puis retrouve un ancien collaborateur de l’agence Fiat Lux qui tient un hôtel, celui où il a décidé de descendre. Ce dernier lui apprend qu’un ancien collaborateur, un autre, habite L'homme au sang bleu (SEPE, 1945)quelques maisons plus loin… Puis le téléphone lui transmet une nouvelle qui le laisse coi.

En effet, Burma a débarqué à Cannes légèrement trop tard puisque son client, Pierre de Fabrègues, vient de mettre fin à ses jours. Non sans oublier Burma, puisqu’il lui a adressé une lettre avant de s’occire, lettre dans laquelle il lui annonce qu’un paiement l’attend chez son notaire. Du coup, le détective décide de s’installer et de mener l’enquête. Le climat l’a attiré là, mener quelques investigations est une manière comme une autre d’en profiter. D’autant que les familiers du détective et l’action font du coin une sorte d’extension de Paris et des activités de l’agence Fiat Lux.

Fabrègues s’était trouvé lié à une affaire de fausse-monnaie quelques temps avant de s’adresser à celui qui met le crime k.o. Burma s’active donc à sa suite, provoquant l’agacement du commissaire Ange Pellegrini, chargé de l’enquête.

Dans ses allers et retours, car il en fait des kilomètres, véhiculé par les uns et les autres, il croise une romancière en mal de publication, un puis deux aquafortistes, des journalistes, un prisonnier fraîchement libéré, des acrobates, des manieurs de gâchette, des strip-teaseuses, des domestiques, … Un ensemble pittoresque… qui m’a moins convaincu que dans les précédentes aventures.

Burma semble mal assorti avec le cadre choisi, moins intéressant. L’éloignement de son environnement habituel lui fait perdre de l’attrait, de la gouaille, même s’il est finalement rejoint par Hélène, sa secrétaire, dans une tentative de recréer complètement le voisinage ordinaire du détective. Léo Malet persiste pourtant l’année suivante à dépayser Nestor Burma. Une nouvelle, Solution au cimetière, l’envoie de nouveau dans le sud et, cette fois, l’aventure est beaucoup plus convaincante. Le détective n’y perdant pas en réplique mordante et en indécision, ni dans ce côté malotrus qui fait un peu de son charme…

 

La même année que cette Solution au cimetière paraît un nouveau roman, Nestor Burma et le monstre.